Maurice Lenormand – 6ème partie

Olivier Houdan continue la biographie en feuilleton de Maurice Lenormand. Après un retour en métropole pendant la seconde guerre mondiale, celui qui deviendra le co-fondateur de l’UC revient au pays.

Maurice Leenhardt en 1953
Maurice Leenhardt en 1953



Un homme neuf et entreprenant aux idées nouvelles.

Quelques mois après son arrivée, Maurice Lenormand se porte candidat à la reprise de la pharmacie Busiau mais sans succès. Il crée alors la “Pharmacie-Droguerie du Pacifique Austral” sise au rez-de-chaussée de la grande bâtisse à l’angle de la rue de Sébastopol et de l’avenue de la Victoire, à Nouméa. La famille loge dans l’appartement situé juste au-dessus. A l’époque, précise Lenormand: “(…) tous les médicaments étaient de marque américaine, anglaise, australienne ou canadienne.

Il n’y avait aucun produit français. Le dollar était la principale monnaie d’échanges et d’achats.” Il poursuit: “Ayant passé des commandes avant mon départ, très vite l’engouement de la population pour la pharmacopée française dépasse mes espérances.” Attiré comme tant d’autres par l’archipel voisin des Nouvelles-Hébrides, perçu depuis Nouméa comme un eldorado, il achète pour un prix convenable, l’ancienne propriété Gardel, au lieu-dit Sarabo sur l’île de Santo.

Son objectif est d’y développer la production de kava dont il entrevoit déjà les possibles applications thérapeutiques mais le minimum de trois années avant toute récolte, le contraint à abandonner ce projet. Néanmoins, il reste propriétaire d’un vaste domaine de plus de 400 hectares dont une partie est occupée par des caféiers (30 ha), des cacaoyers (200 ha) et des cocoteraies (130 ha). Le reste est occupé par du bétail au milieu desquels paissent une dizaine de chevaux sauvages. Il créé également deux “drug-store, l’un à Port-Vila et l’autre à Luganville.

A la suite d’un accord intervenu avec Henri Martinet, il transfère le 7 juillet 1947 son activité dans le local de la pharmacie normale, rue Clémenceau. En parallèle de ses activités commerciales, agricoles et pharmaceutiques, il participe à la renaissance de la Société d’Etudes Mélanésiennes, créée en 1938 par Maurice Leenhardt. Vers 1950, son nom commence à jouir d’une notoriété qui ne dépasse pas encore le cercle de la société savante, mais le personnage est perçu comme attentif aux questions mélanésiennes. Il maîtrise la langue de Lifou qu’il apprend avec engouement auprès de l’oncle de son épouse, le vieux Hnoija Wanhyamala.

Il poursuit ses recherches ethnologiques sur les chants, les danses et l’histoire des chefferies de Lifou et rédige plusieurs articles dans des revues spécialisées. Enfin, le 24 juin 1950, le service des mines du territoire enregistre les noms de Maurice Lenormand et de Joseph Datchanamourty, associés à parts égales, en vue de l’acquisition de deux concessions minières en baie de Ngo.

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Retrouvons la semaine prochaine, la suite de l’histoire du destin de Maurice Lenormand racontée par Olivier Houdan.

Retrouvez en un clic l’intégrale de la biographie de Maurice Lenormand par Olivier Houdan

 

AvatarEcrit par : BoSS U (2349 Posts)

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One Comment

  1. Avatar Trapard Creteux

    ça devient intéressant…
    Sympa la photo de Leenhardt.
    Je vois que monsieur Boss U possède aussi ses archives personnelles.
    😉

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