Maurice Lenormand – 4ème partie

Quatrième rendez-vous avec la vie de Maurice Lenormand racontée par Olivier Houdan. Nous verrons dans ce chapitre les premières heures caledoniennes du jeune homme originaire de Mâcon, en métropole.

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Les irrésistibles appels du Large et du Lointain.

A l’automne 1931, le jeune bachelier part pour l’Institut agricole de Maison Carrée à Alger où il entreprend des études sur la culture de la vigne et la vinification. Il obtient son diplôme d’ingénieur deux ans plus tard. Durant son séjour, il apprend la langue arabe avec le professeur Mohamed Soualah et met à profit ses nombreux trajets en autobus pour s’immerger dans la population locale et parfaire ses bases linguistiques. A la fin de son cursus, il refuse le poste qui lui est proposé à Constantine et rentre en France pour se libérer du service militaire qu’il lui reste à accomplir.

En 1934, un mois après avoir contracté son engagement de 18 mois dans l’armée de Terre, le jeune ingénieur mâconnais est affecté à la Compagnie mixte d’Infanterie coloniale en Nouvelle-Calédonie et s’embarque pour le bout du monde à bord du Céphé. Cette affectation lointaine est motivée par la possibilité d’obtenir un long déplacement aux antipodes et le choix de la destination est simplement dû au fait que Maurice fut “sensible à l’idée que Nouméa soit sur un planisphère, le point le plus éloigné de l’Hexagone”.

Son engagement militaire se transforme en idylle exotique. En effet, au cours d’une patrouille, Place des cocotiers, le caporal Lenormand est pris d’un véritable coup de foudre pour une jeune fille assise à l’arrière d’un véhicule conduit par le chauffeur indonésien, ganté de blanc, de Jules Calimbre, un homme d’affaires calédonien. Il s’agit de Simone Wapata Sootr, fille biologique de Hnyeuko Sootr Atre Thupëhmelöm et de Charlotte Xutre Wahnyamala de la tribu de Kédeigne dans le Loëssi. Elle sera avec sa sœur Joséphine, adoptée et protégée par les époux Calimbre..

Elle est mélanésienne. Lui est européen. Elle est protestante. Lui est catholique. Deux couleurs mais un seul couple. Ils sont mariés par le révérend-père de Mijola, le 22 octobre 1935 dans la sacristie de la cathédrale de Nouméa. Huit enfants, naîtront de leur union: Josette (1936), Monique (1941), Patrick (1944), Katia (1947), Paul-Henry (1951), Brigitte (1955), Eric (1957) et Jean (1962) dont la descendance, très largement métissée, se compose de 14 petits-enfants, 18 arrière-petits-enfants et d’un arrière-arrière-petit-fils de 4 ans. Deux de ses propres fils sont handicapés sous tutelle.

Neuf jours avant son mariage, il est mis en congé libérable et débute sa vie professionnelle: chimiste-analyste à la SLN, employé sur la mine Kataviti à Voh, manutentionnaire sur le port de Nouméa dans la société de chalandage et d’acconage de son beau-père, il devient même après concours, commis d’administration au service des douanes et des contributions.

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Retrouvons la semaine prochaine, la suite de l’histoire du destin de Maurice Lenormand racontée par Olivier Houdan.

Retrouvez en un clic l’intégrale de la biographie de Maurice Lenormand par Olivier Houdan

AvatarEcrit par : BoSS U (2349 Posts)

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