Maurice Lenormand – 3ème partie

Après un petit crochet par Port-Vila aux Nouvelles-Hébrides en première semaine où Maurice Lenormand avait reçu un appel  téléphonique qui allait le propulser dans la vie politique calédonienne, nous sommes a Mâcon. La semaine dernière, Olivier Houdan nous contais l’histoire des parents et grands parents de Maurice Lenormand. Cette semaine, nous apprendrons à connaître la vie du petit Maurice.

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Une jeunesse si française.

Maurice, Jean, Joseph, Henry Lenormand naît à Mâcon le 15 janvier 1913. Il est le fils de Marie, Henriette Javin, femme au foyer et de Maurice, René Lenormand. Trois garçons viendront agrandir le cercle familial, Jean (1914-1997), pharmacien, propriétaire d’une officine avenue de la Grande Armée à Paris; Albert (1915), artiste-peintre et chromatiste reconnu et Paul (1922-1951), actionnaire des Salines du Midi qui décède dans un accident de voiture à Salon de Provence.

Durant la Première Guerre Mondiale, Madame Lenormand se réfugie au Couvent des Saints-Anges à Macôn, en face de la prison départementale. Période précaire durant laquelle elle élève ses trois enfants en bas-âge dans une petite pièce mal chauffée, située sous les combles du bâtiment religieux où son époux, brancardier puis infirmier sur le Front les rejoindra durant ses rares permissions.

Après la Grande Guerre, les Lenormand s’installe d’abord Place d’armes puis au 28 et enfin au 43, rue de l’Héritan sur les hauteurs de la ville et reprennent le cours normal de leur existence.

La scolarité du jeune Maurice semble s’être déroulée sans problèmes notables comme nous l’indique son frère Albert: “Maurice a toujours été considéré comme un élève studieux. Il a toujours été doué pour les langues et il n’a pas eu de difficultés avec l’allemand, la première apprise et parlée. Il aimait, bien sûr, la géographie, l’histoire et la philosophie. La lecture était son passe-temps favori.

De 1919 à 1923, Maurice Lenormand est élève à l’école Frédéric Ozanam puis au Lycée Lamartine, où il effectue toutes ses études secondaires avant d’être reçu, du premier coup, au baccalauréat ès Lettres le 9 juillet 1931.

Interrogé sur le déroulement de ces années, Maurice Lenormand raconte: “Pendant les études surveillées qui avaient lieu chaque soir de la semaine de 17 à 19h00, je profitais du temps restant pour améliorer et étoffer une langue, que j’avais créée de toutes pièces en inventant des mots, largement basés sur leurs sonorités. En classe de troisième, j’animais avec d’autres camarades, le Tertia Club. Nous réalisions un bulletin, à la parution irrégulière, agrémentés de découpages d’articles issus des magazines de jeunesse comme “Le bon point” ou “Le petit explorateur”, destiné aux collégiens et lycéens.”

Concernant la place et le rôle qu’occupe Maurice au sein du clan familial, son frère précise: “Dans notre famille, Maurice n’occupait pas de place prépondérante, sa situation d’aîné ne l’entraîne à jouir d’aucune autorité ni d’aucun privilège particulier.” A propos de l’influence du climat religieux sur la cellule familiale, il souligne: “[…] nos parents ont été des êtres très pieux (…). Certes, le comportement de nos parents faisait l’admiration du clergé de Mâcon qui considérait mon père comme l’égal d’un saint, mais chacun des enfants est resté libre de son destin spirituel dans le respect mutuel.”

Sur l’enfance de son frère, Albert poursuit: “[…] Son goût des voyages et de l’aventure s’est révèlée très tôt lorsqu’il entra chez les Scouts de France. Il aime la Nature, les randonnées, le camping et les feux de camps. Il aime jouer aux Peaux Rouges. Ses camarades l’appelent le “cow boy” car il sait jouer du lasso mais son totem de scout sera “chat sauvage des jungles”.”Maurice fait même publié un article de sa composition dans “Louveteau”, la revue du scoutisme français, en dégageant les points communs entre le personnage de Mowgli et son propre totem. En 1929, il participe avec sa troupe au jamboree scout de Birkenhead en Angleterre où il fait la connaissance de plusieurs homologues étrangers.

Dans un cahier daté “1928-1933”, le jeune “pionnier” y consigne méthodiquement avec la rigueur d’un observateur et d’un auditeur attentif, des renseignements de toutes sortes sur chacune des délégations rencontrées (Etats-Unis, Jamaïque, Palestine, Inde, Brésil, Siam, Autriche, Allemagne): notice géographique, dessin précis de leur insigne national et notes sur l’organisation de leur mouvement respectif. Dans le scoutisme, il apprécie beaucoup l’esprit de franche camaraderie et l’amitié qu’il n’a de cesse de développer et de vouloir approfondir.

Entre septembre 1927 et avril 1930, il entretient une intense correspondance avec un ami d’enfance, Jean Barbet, alias “Moineau bavard” dont le contenu intimiste dévoile encore plus la personnalité en construction du jeune Lenormand et dessine lentement ses premières idées politiques largement façonnées par les convulsions de la “Gueuse” et de ses scandales politiques et financiers.

Il lit la presse nationaliste et conservatrice, du Charles Maurras, du Léon Daudet et participe à des débats animés par Jean Eck, un camarade de classe, d’origine alsacienne, membre de l’Action catholique.

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Retrouvons la semaine prochaine, la suite de l’histoire du destin de Maurice Lenormand racontée par Olivier Houdan.

Retrouvez en un clic l’intégrale de la biographie de Maurice Lenormand par Olivier Houdan

AvatarEcrit par : BoSS U (2349 Posts)

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