Soirée de légendes aux Francofolies

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

On débarque, Trapard, Ginger et moi, en version co-voiturage et pass médias autour du cou au Centre Culturel Tjibaou. On est un peu à la bourre et franchement désolés pour Celenod qu’on vient de rater. Juste à temps pour s’installer à la roots, dans l’herbe et voilà qu’Edou fait ses premières vocalises avec son groupe Mexem.

Peu de monde pour l’instant, mais les allées et venues incessantes entre les roulottes à Panini et la scène dénote un intérêt des arrivants davantage porté sur leur estomac que sur les rythmes métissés de cet artiste originaire de Lifou. Pourtant, c’est bien à tort, car Edou a le mérite de créer un pont entre la musique traditionnelle Kanak, le kaneka et un jeu plus hybride teinté d’influences africaines, ou encore réunionnaises (il a travaillé avec Leila Negrau).

C’est l’un des artistes locaux qui a le plus bougé de par le monde mais qui reste fortement ancré dans ses origines. Avant d’interpréter une berceuse Kanak, il dénonce notamment la perte des valeurs traditionnelles perverties par le monde moderne.

A la pause entre chien et loup, les ombres se rapprochent, nattes et chaises pliantes s’installent sur la colline face à la scène, sur laquelle les techniciens s’affairent pour le prochain concert. Miossec entre en scène accompagné de ses musiciens, Leander Lyons à la guitare, Thomas Schaettel au clavier vintage et Mirabelle Gilis au violon magique et à la mandoline. Assis côte à côte face au public, ils laissent présager un récital intimiste.

Les premières notes de guitare accompagnent la voix rauque de Miossec sur « On y va » extrait de son dernier album « Mammifères ». L’ambiance est à l’écoute et la myriade de téléphones portable se meurt peu à peu. « Tonnerre de Brest » vient rompre cet envoûtement lyrique, les bretons présents s’électrisent et brandissent leur étendard.

Miossec, peu loquace jusqu’à présent, les tacle avec un « c’est quoi ce drapeau corse ? ». Verve qu’il déclinera entre les titres de ses albums précédents « Ici-bas, ici même », « L’étreinte » ou encore « 1964 ». Les fans de première heure n’auront donc pas droit de cité. Snif… Avant de nous quitter avec « Je m’en vais », il déclare non sans auto-dérision : « Une chanson qui fait soulever les foules, ça groove de la mort, heureusement qu’il y a des gens du Finistère nord ! ».

Merci Christophe Miossec, on a passé un excellent moment, même si ça ne groovait pas de la mort !

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

La nuit est maintenant bien installée, et ça pèle un peu ! On a l’impression que la foule a profité de l’obscurité pour se dédoubler, d’un coup, comme ça. Le jeu de piano de Steve Nieve donne le ton, majestueux, aérien. Il faut dire qu’il a été le pianiste attitré d’Elvis Costello et qu’il a multiplié les collaborations avec des artistes tels que Bowie, ou encore Robert Wyatt, rien que ça !

Il en a de la chance Cali, et nous aussi. Ce dernier, en grande forme et de noir vêtu commence le show avec « A cet instant » extrait de son dernier album « Les choses défendues ». C’est d’ailleurs sur ce titre qu’il fait monter un des photographes sur la scène, lui pique son appareil, lui grimpe sur le dos et y reste un moment.

Heureusement, il n’a pas la carrure de notre garçon boucher favori ! Comme on pouvait s’y attendre, ses fans sont en transe sur son titre le plus connu « Elle m’a dit », et chantent « la la la la… » à tue-tête. Mais c’est bien d’un show qu’il s’agit, quand il se jette dans la foule, à l’envers, à l’endroit, au grand désespoir de son garde du corps qui tente désespérément de le rejoindre. Il s’en tape, et finit « Je sais ta vie » debout sur le public. Didier (Wampas) sort de ce corps !

Après cet exploit, plus grave, Cali nous offre sa vision humaniste de la vie, l’histoire de ses grands-parents catalans qui ont fui l’Espagne de Franco mais aussi un coup de gueule et un pied de nez contre les fachos anti-migrants, et ça ce n’est pas rien. Bravo Monsieur ! Et il l’a promis, il reviendra !

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

Pendant le dernier entracte, une vague de trentenaires déserte les lieux, portant à bout de bras pour beaucoup d’entre eux de jeunes mômes, transis de froid et de fatigue. Il commence à se faire tard, et demain y a école ! Ne restent plus que les quadras/quinquas et leurs aînés, émancipés, et qui ont sans doute roulé leur première pelle ainsi que leur premier joint sur la poésie psychédélique d’Hubert Félix Thiéfaine. Les musiciens n’en sont pas à leur coup d’essai, Bruce Cherbit à la batterie, Alain Verderosa à la basse, Christopher Board au clavier et Alice Botté à la guitare ont tous joué avec les plus grands. Un petit dernier vient compléter le tableau, et pas des moindres, le fiston de Thiéfaine, Lucas, prodige de la guitare et qui a réalisé son dernier album « Stratégie de l’Inespoir ». C’est d’ailleurs sur les sonorités métalliques de cet opus qu’il ouvre la danse avec « En remontant le fleuve ».

Mais après un passage dans les années 1980 avec « Errer humanum est », il nous livre « Confession d’un never been » issu de l’excellent « Scandale mélancolique » de 2005. Retour sur « Soleil cherche futur » duquel il va décliner quelques titres incontournables, « Autoroutes jeudi d’automne », « Lorelei Sebasto Cha » et le merveilleux « Les dingues et les paumés ».

On pourrait en citer encore une dizaine tellement son répertoire est fécond ! Débordant d’énergie, Messieurs Thiéfaine et consorts nous livrent un show magistral aux sonorités beaucoup plus rock en live, pour le plus grand bonheur de l’auditoire, à la limite de l’apoplexie lorsqu’il termine cette session avec l’emblématique « La fille du coupeur de joint ». Standing ovation pour ce monstre de la chanson française et réveil douloureux, c’est déjà fini… On aurait pu y passer la nuit sans problème.

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

Nous quittons ainsi le Centre Culturel Tjibaou, tels des fantômes hébétés et enivrés par tant de talent, ce soir, nous étions aux anges !

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

Francofolies de Nouvelle-Calédonie Kanaky Calédophoto Patham Nouméa Centre Culturel Tjibaou Cali Edou Mexem Celenod Hubert Félix Thiéfaine Miossec Ginger Patham KoBe

 

Texte : KoBe
Photos : Ginger et Patham

 

Retrouvez l’ensemble des publications sur le festival Francofolies de Nouméa 2017 en suivant le tag Francofolies

Ecrit par : Ko Be (17 Posts)


Nombre de vues :

152

fois. Thankiou bien !

4 Commentaires

  1. Trapard Creteux dit :

    Hahaha oui le photographe en question, c’est Eric Dell’Erba :mrgreen:
    Super article bien fourni et touffu Miss KoBe !!
    Et merci à Ginger & Patham pour les tofs ! (dont celle où je me goinfre) :mrgreen:

  2. BoSS U dit :

    J’adore ton article KoBe ! Vraiment très riche ! Un article de fan, tu connais vraiment bien les discographies des invités des francofolies !! Dingue !
    Les calédophotographes, vous avez vraiment fait du bon boulot ! Merci à vous

  3. KoBe dit :

    Merci ! Fan un jour, fan toujours (bon, j’avoue… j’avais un peu révisé avant, surtout pour les albums les plus récents !)… Il faut dire que le Cri a des équipes de choc, du vendredi au dimanche, tout est top (articles, photos, films)! 😯

  4. RassKass Rouge dit :

    super articles KoBe et chouettes photos.
    Au revoir les Francofolies, vivement le Black WoodStock !

Laisser un commentaire