Le Cri du Cagou était au Festival Pikinini

Le Cri du Cagou était au Festival Pikinini à Nouméa
Ce samedi, le festival Pikinini sera au Parc des Grandes Fougères.

Festival Pikinini

Parc des Grandes Fougères
Samedi 17 Juin
De 9h à 12h

La chance pour tous les habitants des environs de La Foa qui auront la chance de vivre la féérie de ce festival pas comme les autres. Et ce n’est pas tout, le festival Pikinini sera aussi à l’Ile des Pins

Festival Pikinini

Vao – Ile des Pins
Samedi 24 Juin
De 8h à 13h

La chance pour tous les habitants de l’île des Pins qui auront la chance de vivre la magie du festival Pikinini. Pour nous, les gens du grand Nouméa, le festival est terminé même s’il continue de vivre dans les rêves des petits et des grands.

Le Cri du Cagou était au Festival Pikinini à Nouméa le samedi 11 et le dimanche 12 juin 2017 pour vivre et essayer de vous retransmettre cette 5ème édition du festival. D’ailleurs vous avez déjà pu voir deux magnifiques galeries photos modestement intitulées Images du Pikinini pour la première et Festival Pikinini : une deuxième galerie d’images pour la seconde.

Ça faisait longtemps que l’équipe du Cri du Cagou ne s’était pas mobilisée pour faire une couverture d’un évènement culturel. Tellement longtemps que nous avions oublié certains réflexes de bases. Faut que je vous raconte. Pour une couverture d’événement, le Cri du Cagou mobilise sa petite sœur, l’association Calédophoto, pour prendre des photos et des volontaires pour écrire des articles qui seront publiés sur le site. Sur place, nous squattons, un lieu de regroupement où nous branchons ordinateurs et appareil photos, ce sera notre camp de base. Le principe est simple, chacun écrit ou photographie, dessine, filme ou peint, selon les envies et les compétences et tout ce travail est regroupé sur un même support numérique pour être mis en ligne par mes soins dans la soirée ou le lendemain matin, selon mon état de fatigue. Ce n’est pas du direct car nous ne sommes pas assez bon en informatique pour réussir une telle performance mais c’est ce qu’on appelle du léger différé et vous avez bien compris que la notion de temps au Cri du Cagou est assez élastique car pour cette fois, léger différé veut aussi dire, cinq jours plus tard.

Donc, nous arrivons samedi sur le lieu du Festival. Cette année, le Festival Pikinini a posé sa bonne humeur au CREIPAC à Nouville, face à l’Université. Ce qui n’empêche pas Patham d’aller nous attendre devant le Centre Culturel Tjibaou, la force de l’habitude. Nous finirons tous par nous retrouver.

Premier constat,

le site du Festival est exceptionnel :

Des vieilles pierres, nous sommes sur un site historique datant de l’époque du bagne, un espace pas trop grand, à contrario du CCT où nous passions nos journées à galoper d’un bout à l’autre pour finir épuisé avec des mollets de cyclistes, un espace ombragé avec des arbres centenaires et surtout, la Pikinini’s touch, une ambiance magique et féerique dès l’entrée.

Catherine Dinevan, l’organisatrice du festival, n’a pas son pareil pour aménager un espace où les enfants écarquilleront les yeux ne sachant pas s’ils rêvent, s’ils sont éveillés ou s’ils rêvent éveillés. Je ne vous pas dis encore mais PiKININI en Bichlamar signifie ENFANT, ce festival de spectacles vivants est destiné aux enfants, des nourrissons jusqu’aux plus grands et pour tous ceux qui gardent dans un coin de leur cœur leur âme d’enfant.

Mon cœur s’arrête brutalement de battre, une corne de brume vient de retentir faisant sursauter toute la population du festival : un paquebot se serait-il échouer dans la rade du 1881 ? Non, c’est le père Wallas qui vient de faire retentir les trompes pour célébrer la réussite d’un papa au jeu du marteau: “Encore un papa qui fera la fierté de ses enfants” hurle dans un parlophone le père Wallas.

A l’entrée du site du festival, après un manège et un stand de Barbapapa, on trouve l’entrée du village de la famille Wallas.

Présentée par l’équipe du Chapitô, la famille Wallas est un espace de jeux forains où on trouve, en plus de tout un fric-frac d’objets désuets, l’échelle de la mort, les têtes à claket’ un jeu d’adresse de lancer de claquettes, un jeu de fléchettes-tubas et ce jeu de force où à l’aide d’un marteau, il faut envoyer le plus haut possible un poids posé sur un levier dont la réussite fait sonner ces trompettes de la mort qui ont bien failli me tuer et le grand père Wallas qui en plus d’expliquer la généalogie de la famille, vend des brochettes de bonbons et des gaufres. La famille Wallas est débordée par les visiteurs, les stands sont bourrés à craquer et de longues files d’attentes se forment pour tester ces jeux de foire.

Plus loin, après un stand d’information, nous trouvons la grande scène extérieur qui accueillera des spectacles tout aux long des deux jours. Quand nous arrivons, ce sont les violons celtiques conduits par Nivane Fouad qui mettent l’ambiance. Plus loin encore, ce sont les stands restaurations et maquillages qui nous attendent et tout au bout du site, un espace réservé à l’artisanat nous attend dans une ambiance plus calme, peut-être même trop calme pour les vendeurs qui ont bien du mal à faire venir le chaland jusqu’à eux.

Et tout au bout, c’est l’espace contes, l’Ilot contes ou Sylvain Lorgnier de la compagnie les Artgonautes du Pacifique nous attend à l’ombre, sur des nattes avec deux autres conteurs avec un méli-mélo de contes d’ici ou d’ailleurs.

Ma description du site ne serait pas complète si je ne vous disais pas que l’ancienne boulangerie du bagne servait de salle de spectacle, l’école Amélie Cosnier, baptisé pour l’occasion, l’espace Rikiki, accueillait les plus petites, les enfants de moins de 6 ans et l’espace ombragé à côté du parking qui accueille des poneys pour une petite balade.

Vous avez lu ?

Il y en a vraiment pour tous les goûts pour tous les âges et quand tu arrives sur place, tu sais que tu auras de quoi faire et peut-être que, comme moi, tu te demandes si tu auras le temps de tout essayer. J’ai rayé le poney de ma doing-list, non seulement parce que j’ai un peu peur du bestiau mais surtout parce que je me demandai si je ne frôlerai pas le ridicule perché sur une monture haute comme un teckel avec les genoux qui touchent le sol.

Deuxième constat.

L’équipe du Cri du Cagou a les réflexes un peu rouillés.

Nous sommes arrivés à cinq, ce qui est pas mal soit trois photographes te deux auteurs mais aucun de nous a pris la peine de mettre son tricot frappé du logo de l’association et que le magnifique Kakemono, présentant notre site, qui nous coûté un bras, n’ayons pas peur des mots a été oublié. Tant pis nous serons là, incognito. Par contre, nous avons ramené un petit réchaud à gaz, une cafetière et des tasses car pour la bande, le café est le nerf de la guerre en journée, à l’instar du kava, nerf de la guerre à la tombée de la nuit.

Au Cri du Cagou, nous ne sommes pas terribles en organisation mais qu’est-ce que nous sommes fort en café et en kava ! Après avoir installé notre quartier général, nous divisons les tâches, Smiletoo se met à la rédaction de l’article commentant la journée, les Fabvirge et Patham partent à la chasse photographique et je m’attèle à la préparation de cette boisson noire et amère dont nous nous régalons à longueur de journée.

Un coup de vent soulève le manou qui nus sert de nappe, il vient se poser sur le réchaud qui chauffe notre deuxième tournée de café. Rapidement, une fumée brune s’élève du manou synthétique. Un cri retentit dans notre stand :”Au feu !”. Fabvirge qui passait par là, a remarqué l’odeur qui envahit notre espace. Vite, je tapote à mains nues sur la toile enflammée et le feu s’éteint. Le coup de chaud passé, nous nous esclaffons dans le stand du Cri. Nous avons failli foutre le feu au Pikinini. Smiletoo jubile :”Voilà ce que je vais raconter dans mon article !!!” Le manou a un peu morflé mais nous avons échappé au pire, Catherine Dinevan n’a rien vu, nous ne nous ferons pas virer du festival.

Sur la scène les spectacles sur la scène extérieur s’enchainent : De la danse avec 100 Visages de la compagnie Posuë, de la magie avec Vaya con Dios de la compagnie Nez à Nez, du théâtre burlesque avec Caillasse du Chapitô et encore de la danse avec Le Tour du Monde en 80 pas de la compagnie Troc en jambes.

Entre chaque spectacle, Mani, l’animateur micro du festival interagit avec le public enfantin, qui chante, questionne ou hurle dans le micro pour le plus grand plaisir du régisseur son dont les tympans sont brisé par les cris amplifiés par le micro dans casque. Mani retrouve les parents des enfants perdus, cherche les petits propriétaires de doudous abandonnés et annonce la suite du programme des réjouissances. Anne Boutin, une artiste venue pour l’occasion de métropole présente deux spectacles dans la boulangerie : Poucette et Sleeping et Au Pays Des Marionnettes célèbre pour son spectacle Viviguili y joue sa dernière création “Rencontre avec Mamylou”.

Dans le même temps des artistes proposent des ateliers de créations aux enfants, ils peuvent s’initier au Hip-Hop, au didjeridoo, construire une marionnette, faire de l’origami et plein d’autres choses que je serai bien en peine de citer ici, trop occupé à boire du café que j’étais pour déambuler dans tous ces ateliers.

Il fait beau, certains parents lézardent au soleil pendant que les gosses font la queue pour se faire maquiller, acheter une brochette de bonbons ou une boisson bleue à la glace pilée et tout un tas d’autres trucs à sucer, lécher, croquer que je serais bien en peine de citer, je ne fais pas de mélange et moi, j’étais au café.

Sur sa monture, une trottinette du désert, Ali Mektoub, déambule entre les spectateurs avec un bon mot pour les uns et les autres, toujours prompt à l’escroquerie et à la roublardise, avec un accent qui n’appartient qu’à lui. Wenaël Astier, l’interprète me parle la joie qu’il éprouve dans l’exercice et comment son personnage s’acclimate parmi tous les enfants. Enfourchant sa monture, il me crie de ne pas oublier son spectacle qui se joue le lendemain matin : “Ti verras, me dit-il, ci l’i tri tri drôle !”, ce dont je ne doutais à la vue de son accoutrement.

Venue de Los Angeles, en Californie, aux USA, comme quoi, quand on nous annonce des spectacles internationaux, on ne se fout pas de notre gueule, la troupe des Dragons Knights entre en scène. Un papillon perchée sur de longues, très longues jambes, danse sur scène. Un flamand rose lui emboîte le pas et un dragon rouge les suit de près.

Panique chez les tout-petits qui partent en courant et en criant se réfugier dans les bras de leurs parents. Mais la magie du spectacle finit par l’emporter, petits et grands sont bouche bée devant tant de grâces et de beautés. Au milieu d’eux, un shaman très colorés fait des bons. C’est Simane Wenethem qui joue l’acrobate aux milieux des ricains. Comment diable s’est-il retrouvé dans cette affaire. Incroyable Simane, toujours dans les bons plans, remplace au pied levé un artiste américain qui n’a pas pu faire le déplacement. “C’est grâce à Catherine, me dira-t-il plus tard, il manquait quelqu’un et elle a pensé à moi!”. Simane, un artiste de grand talent mais discret, va finir par être l’artiste calédonien dont le répertoire fait figurer le plus grands nombres d’artistes internationaux que le Pays ait connu. Je suis content pour lui.

Les Dragons Knights terminent leur prestation par une déambulation dans le public pour la plus grande joie, teintée d’angoisse des enfants qui hésitent entre le bonheur de s’approcher au plus près de ces incroyables créatures et la crainte de se faire attraper. La nuit tombe lentement, les lumières s’allument, des petites ampoules colorées illuminent le site de mille feux. L’heure du kava approche. Tandis qu’un émissaire du Cri du Cagou part à la recherche de cette boisson jaune et un peu épaisse que l’on sert habituellement dans un demi-coco évidé, le festival se poursuit avec l’entrée sur le site d’une ribambelle de fées montée à dos de licornes et armée de violon pour une ronde endiablée. Endiablée c’est peu dire car il est là le diablotin sous les traits d’un André Luserga dont le rôle semble amuser au plus haut point. Artiflam leur emboite le pas pour un show enflammé et médiéval. La nuit s’installe.

Nous invitons l’organisatrice à boire un shell avec nous. Elle accepte avec joie. Sur son visage se lit la joie de la réussite de cette belle journée et la fatigue du festival. Il reste le clou de Festival, le lâcher de lanternes. Malheureusement, le vent se jouera de nous et refuse de se coucher. Trop risqué pour les lanternes qui pourrait mettre le feu dans le maquis environnant. Tant pis, l’événement est reporté au lendemain.

La journée s’achève pour les festivaliers et les artistes. L’équipe du cri du cagou se sépare, se donnant rendez-vous pour le lendemain. Pour moi, la journée n’est pas finit, il faut encore faire la mise en ligne de l’article et des photos. Quelle n’est pas ma surprise, de retour chez moi, de m’apercevoir que le texte d’au moins trois pages rédigée dans la journée par Smiletoo a été écrasé par une manœuvre hasardeuse sur le disque dur qui servait de mémoire de nos actions. Pas moyens de le retrouver, Smiletoo, n’en a pas gardé de copie avec elle. A l’annonce de cette mauvaise nouvelle, notre rédactrice de choc est découragée :”Bienvenue au Cri du Cagou, l’association de branleurs, lui dis-je dans l’espoir de la faire sourire.” C’est pour ça qu’aujourd’hui, c’est moi qui m’y colle et c’est pour ça qu’un article écrit ne sera publié que ce jour.

Inquiétude.

Dimanche, une averse perturbe le lancement de la seconde journée du festival. Les organisateurs s’inquiètent et en moins de temps qu’il ne m’en faut pour l’écrire, je saisie avec deux doigts, l’organisation s’adapte jouant avec les lieux, les spectacles et les horaires.

Le soleil ne veut pas venir, la journée sera grise. Tant mieux, il fera moins chaud mais le public risque de ne pas avoir envie de revenir au rendez-vous. Le public est essentiel, non seulement parce que c’est mieux pour les artistes de se produire devant une foule nombreuse mais surtout que ce festival, pourtant génial, est très mal subventionné par les institutions. Catherine Dinevan nous le disait la veille, soixante-quinze pour cent (75%) du financement de l’opération repose sur les entrées, donc de la venue du public. C’est énorme. Rares sont les organisations, en Nouvelle-Calédonie à se mettre en place avec si peu de subvention et autant d’incertitude.

Elle est vraiment forte et courageuse, Catherine Dinevan.

Le public fera le déplacement tout compte fait et la météo incertaine se maintiendra pratiquement sans averse durant toute la journée. Je ne vais énumérer à nouveau tout ce qui s’est passé durant cette folle journée, mais à l’image de la veille, c’était une grande journée, avec de nombreux spectacles, locaux et internationaux, avec des contes, avec des ateliers pour tous les âges et pour tous les goûts, avec de nombreux stands d’artisanats, de maquillage, de nourriture en tous genres et n’oublions pas la famille Wallas au grand complet qui fera retentir ses terribles cornes et sirènes dès qu’un papa fait la fierté de son fils. Je vous parlerais quand même d’un spectacle, le lien, première chorégraphie de B-Boy Lomès, si je ne me trompe pas, qui présentait, ici, des extraits de son futur spectacle, avec la participation de la compagnie Origin’ et du Junior Crew. Choc !!!

L’équipe du Cri, moins fringante que la veille, boit café sur café tout en regardant le trou que le feu, la veille, a fait à notre nappe.

Pas de chance, au moment où les échassiers de Dragon Knights doivent monter sur la scène extérieur, une averse bouscule l’organisation.

Pas moyens pour les acteurs de monter sur une scène mouillée, les risques de chutes causées par une glissade malencontreuse sont trop élevés. Et vu leur hauteur et leur costume, il y a moyen qu’ils se fassent mal. L’équipe du festival s’active, une partie pour arracher le lino qui recouvre la scène pour fabriquer une allée des loges à la scène pour permettre aux artistes d’avancer les pieds au sec et une partie pour essuyer la scène à la traque de la moindre goutte d’eau qui pourrait faire chuter les échassiers.

Le show peut reprendre son cours et comme la veille, les créatures font leur effet sur les plus petits.

Un ami célibataire venu nous saluer sur le stand du Cri me fait remarquer le nombre de belles femmes qui participent au festival. “C’est malheureux, me dit-il, mais elles ont toutes des gosses !”. C’est sûr, c’est le festival Pikinini et non pas la foire à la célibataire, mon pote avait dû se tromper d’évènement.

Nous attendons tous, excités, la tombée de la nuit pour le show des jongleurs de feu mais surtout le lancer de lanternes. Mais quand vint le moment, l’organisation au vu du temps et du vent, décide de ne prendre aucun risque. Il n’y aura pas de lâcher de lanternes, cette année. La décision est un peu dur à faire comprendre aux enfants mais il faut bien se faire une raison; tant pis, se sera l’an prochain.

Le Festival ferme ses portes, le public rentre chez lui.

Nous remballons notre stand, notre cafetière quoi !

Mais autour de nous, c’est une autre agitation qui se met en place, les techniciens s’affairent dans tous les sens, il faut démonter. Démonter les décors, les éclairages, le son, et tout ce qui rendait l’ambiance de ce festival si magique. L’équipe du Cri, nous avons du mal à partir, les yeux encore dans les étoiles de ces deux journées fabuleuses. Il faut bien se faire une raison, le festival est terminé pour nous. Il va prendre la route pour le bonheur des enfants de La Foa et de l’Ile des Pins. Petits veinards que vous êtes. Nous, nous attendons déjà, la prochaine édition. Mais pour prolonger le plaisir, le Cri du Cagou vous offre encore deux galeries photos.

Les galeries photos du Pikinini

Photographies : Gwangelinhael

Ecrit par : BoSS U (2298 Posts)

Membre fondateur du site.
Souvent appelé par ses nombreux admirateurs, l’Administrateur Suprême, il accepte volontiers le diminutif de BoSS, si c’est dit avec respect et un peu de trémolo.
Vous pouvez le contacter par mail (bossu@lecriducagou.nc) en cliquant sur l’enveloppe ci-dessous


Nombre de vues :

141

fois. Thankiou bien !

1 Commentaire

    Laisser un commentaire