Le syndrome du couscous

« Le racisme anti-asiatique n’existe pas, la preuve ils ne disent rien ». Ou peut-être que si, mais on ne les écoute pas. On a si vite fait de recouvrir les Asiatiques de leur légendaire retenue, on ne va pas y renoncer de sitôt. Comment on ferait après pour vendre du rêve, des livres de « sagesse chinoise » et des jardins zen hein ? Pis bon, si même les Asiatiques se mettent à gueuler, ça signifierait qu’il faudrait vraiment se confronter aux fondements racistes de la société française. C’est chiant…

Voyage au Pays du Cliché latent, attachez vos ceintures, et attention si vous riez jaune c’est normal.

Projet « Microagressions », Kiyun Kim. http://www.microaggressions.com Bitch Crew Syndrome du couscous racisme ordinaire

Projet « Microagressions », Kiyun Kim.

Je suis métisse, d’origine franco-japonaise. Si j’avais vécu au Japon, j’aurais probablement écrit sur son racisme ordinaire aussi. En effet, le mot employé pour nous désigner, nous les métis-ses, est « haafu », qui veut dire « moitié ». Étrange appellation pour une personne dotée justement d’une double culture.

Mais bon, vu de mon expérience en France, j’aurais parfois aimé que l’on considère ma partie japonaise pour ce qu’elle est, c’est-à-dire UNE partie, non pas le TOUT. Car oui, en 2016, il y a toujours des Français qui s’étonnent que leurs compatriotes ne soient pas tou-te-s Blanc-he-s. Hop, en un coup d’oeil, te voilà classé-e dans la catégorie « étrangère ». Ironie d’un pays dont le passé colonial – sur absolument tous les continents – est resté dans l’angle mort.

« Tu viens d’où ? Nan mais en vrai ? »

C’est en France que j’ai connu cette curiosité qui picote, ces gens qui m’abordent dans la rue pour savoir mes origines. Peu importe mon humeur, mon histoire et surtout mon propre ressenti, ce qui comptait c’était de SAVOIR. Comme si j’étais un produit, qu’on retourne pour lire l’étiquette, savoir les ingrédients de cette jeune Occidentale Génétiquement Modifiée aux saveurs aigres-douces… dont l’aigreur grandissait au fur et à mesure de ces interpellations proches du harcèlement.  Exaspérée, il m’est arrivé de répondre « Du ventre de ma mère ! ».

Une fois mon génotype dévoilé, s’ensuivaient alors en général trois types de commentaires :

  • Le triomphalisme de l’expert : « Ah j’en étais sûr ! J’hésitais entre Vietnamienne et Japonaise, parce que vous avez les traits fins par rapport aux Chinoises ». Super ! Je suis contente d’avoir « participé » à ta partie de Questions pour un champion en solitaire. J’peux m’en aller maintenant ? Nan parce que je sens que j’vais bientôt avoir droit à une inspection sanitaire de mes dents…
  • L’étalage maladroit : « Oh ! Je suis allé en Chine une fois ». Trop content de me trouver çui-là ! Ce monsieur, à la vue de mon visage exotique, fut frappé de nostalgie qui le ramena tout droit au temps de ses expéditions en contrée lointaine. Et c’est pas grave si je n’ai rien de Chinois, de toute façon « c’est pareil » et je suis tellement gentille (ben oui je suis Asiatique, vous vous souvenez) que ça ne me dérange pas du tout de lui tenir le crachoir pendant qu’il me conte ses aventures exaltantes aux relents de colonialisme.
  • Le monologue de la fascination : « Oh mon Dieu ! J’adore le Japon, c’est une culture tellement raffinée ! Et les gens sont tellement respectueux ! ». Ces derniers sont un peu les cousins des précédents, mais d’une classe plus élevée. Ils en savent un rayon sur le Japon et arrivent à placer plusieurs mots-clés en une seule phrase digne d’un documentaire. Pourtant, ce sont souvent de ces derniers dont je me tiens à distance. Je vais vous faire un aveu : bien souvent, je fais semblant de les écouter, hochant la tête d’un air entendu. Si je les coupe en plein trip nippophile, ils sont très déçus. Parce que ce n’est pas vraiment à moi qu’ils s’adressent, je ne suis qu’une surface projective de leurs fantasmes. Espèrent-ils lire une lueur de reconnaissance dans mon regard ? Genre « Oh merci de t’intéresser à ma culture, toi être vraiment bonne personne » ?

« Je ne suis pas raciste, d’ailleurs je lis des mangas / j’adore les sushis »

Racisme : Parfois, c'est subtile. Bitch Crew Syndrome du couscous racisme ordinaire

Racisme : Parfois, c’est subtile.

Attardons-nous un peu plus sur ces derniers, les adeptes du monologue nippomaniaque. J’entends déjà s’offusquer ceux qui crieraient à l’intolérance de ma part.  Pourquoi ce sont ceux-là qui suscitent davantage ma méfiance ? Parce qu’eux SAVENT. Ils ont lu, ils ont vu, ils ont vo-ya-gé. Ils savent de quoi ils parlent, d’ailleurs ils adooorent le Japon. Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre les explorateurs de notre époque, simplement je constate qu’on peut aussi voyager pour conforter ses préjugés. C’est ce que j’appelle le syndrome du couscous[1] : quand l’ouverture d’esprit s’arrête à « la culture » comme une entité abstraite qui fait fi de la dimension humaine.

Car ces mêmes personnes sont aussi capables de faire preuve d’un dénigrement pour les Japonais en personne, sans même réaliser l’indécence de leurs propos envers un peuple qu’ils vénéraient deux minutes plus tôt. Ainsi un jour, j’entendis un homme s’adresser à sa collègue qui partait au Japon, étaler sa culture, vanter l’ingéniosité japonaise et finalement sortir, goguenard : « Au fait, va pas te prendre des rayons du côté de Fukushima hein, ho ho ho ». C’est vrai que c’est drôle, 20 000 morts, 400 000 personnes déplacées et 32 millions de personnes affectées par la radioactivité.

Ça réveille tant de colère en moi que ça me donne envie de faire des blagues à mon tour, sur des choses pas drôles comme les attentats. Mais j’en sortirais perdante bien sûr, parce que « c’est pas pareil » et même que je pourrais finir en prison pour apologie du terrorisme.

Ça ne marche pas du tout le racisme inversé.

Déconstruire ? Mais pour quoi faire ?

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« Me love you long time », scène de négociation entre une prostituée vietnamienne et des militaires américains dans le film Full Metal Jacket.

« Tu analyses trop, c’était pas méchant ». C’est souvent la réponse qui m’est adressée lorsque je m’indigne. Elle est loin d’être malveillante, mais elle fait mal car elle délégitime une réaction saine en moi. Elle est malgré tout loin d’être la pire, le summum du cynisme étant atteint quand on me balance « Tu as un problème avec ton identité » ou « Tu renies tes origines »… alors que je la défendais ardemment, justement, mon identité. À croire que l’intégration à la française, c’est encaisser sans broncher tous les stigmates[2], comme si être moqué-e faisait partie intégrante de ma culture… Bref, rester sage comme une image d’Épinal. Voilà où réside le ravage du racisme systémique[3] : c’est tout un système qui est raciste, mais si tu te révoltes, cela devient TON problème à toi seul-e. Double imputation sur tes épaules : tu te prends l’insulte à cause de ce que tu es ; et tu te prends la sentence de ta protestation toujours à cause de ce que tu es.

La vérité, c’est que cela ferait désordre de remettre en question cet humour[4]« Oh bon Dieu, on peut plus rire ou quoi merde, pourquoi tu cherches la petite bête ». Mais oui, les temps sont durs, il faut bien qu’on se défoule et les minorités sont là pour ça ! C’est vachement bien fait dis donc. Pour les problèmes de société, on tape sur les Noirs, les Musulmans et les Roms. Et pour se détendre un peu entre deux JT, on se fout de la gueule des Asiatiques. De quoi tu te plains, tu vois bien que ce sont des préjugés PO-SI-TIFS !

Et voilà comment il est quasi-impossible de déjouer ces attaques en plein cœur de mon identité, juste ravaler ma colère jusqu’à ce qu’elle creuse un sillon d’amertume et de honte dans mon âme… quitte à ignorer ses émotions et retourner la haine contre soi. Mais tout de même, se frayer un chemin dans ce monde dichotomique, s’accrocher à ses rêves, s’efforcer de bien choisir ses amis et ses amours. Mais toujours, à un moment donné, se sentir très seule.

La menace du stéréotype[5], douloureux dilemme

Avec le temps, j’ai développé un esprit critique et une capacité à repérer les tournures de conversation quand elles virent au racisme. J’ai donc des clignotants qui s’allument :

  • Bitch Crew Syndrome du couscous racisme ordinaire leonardo di caprioQuand quelqu’un dit « jaune », « yeux bridés », « niakoué », « chinetoque ». Quand est-ce que ces mots cesseront de faire partie du langage courant ?
  • Quand quelqu’un se tire les paupières vers l’extérieur pour désigner une personne d’origine asiatique. Quand est-ce qu’on progressera humainement pour se désigner de façon moins grossière ?
  • Quand quelqu’un désigne les Asiatiques par le terme « Chinois », confondant un pays et son continent (et dire que c’est sacrilège de confondre Paris et sa banlieue…). C’en est à un tel point que je me sens visée même quand on parle des Chinois.
  • Quand quelqu’un s’extasie sur mes yeux, mes pieds, mes cheveux, ma peau, la finesse de mes membres. Je sens venir le triomphalisme de l’expert…
  • Quand quelqu’un me demande des conseils en couture ou cuisson du riz. Hmm je sens qu’on me suppute un savoir ancestral et des doigts de fée du logis que je ne suis pas.
  • Quand quelqu’un partage une vidéo japonaise avec un commentaire s’esclaffant de la « bizarrerie » des Japonais. C’est pratique de traiter la différence en bizarrerie, ça permet de se sentir plus intelligents.

Je tique peut-être de trop parfois. Mais souvent, je ne tique pas assez. Trois fois sur quatre je suis surprise par le racisme ordinaire, estomaquée, envahie par un sentiment d’humiliation et d’impuissance, paralysée. Non, je ne m’y habitue toujours pas. Alors bien souvent, je n’en montre rien. Il m’est même arrivé de faire semblant de rire. Combien de fois ai-je fui la cafétéria du boulot à la pause déjeuner dès que j’entendais un-e collègue raconter ses vacances au « Pays du soleil levant »… préférant finir mon déjeuner seule dans mon bureau, plutôt que risquer d’entendre un propos blessant, voire pire, être conviée à participer à ce festival de clichés entre midi et deux.

Oui j’ai longtemps choisi la fuite, rasant les murs. Tout pourvu qu’on m’oublie, pourvu qu’on ne m’expose pas comme une curiosité. Et vous savez quel était le comble ? Plus je me faisais discrète, plus cela renforçait le préjugé. Eh oui, grâce au racisme, pas la peine de s’embêter à développer sa propre personnalité, c’est fourni en package avec les gènes. Ce que vous êtes ne dépend pas de vous, et tout ce que vous ferez sera automatiquement décrypté au regard de votre génotype.

Alors j’ai bifurqué. Je me suis insurgée. Quitte à être dans la provoc’, tout pourvu qu’on ne me trouve pas là où on m’attend. A celui qui s’attendait à une interlocutrice gentille et complaisante, je répondais effrontément, enchaînant les arguments pour le contredire.

Mais la partie n’était pas gagnée pour autant, et surtout ce n’était pas une partie de plaisir. Et puis, avez-vous déjà pensé au risque que cela représentait de sortir du stéréotype ? Les stéréotypes sont des constructions sociales qui ne doivent leur longévité qu’à leur caractère « rassurant ». C’est rassurant de pouvoir ranger les gens dans des catégories ; pas la peine de prendre le temps de se connaître, en un coup d’œil on croit déjà tout savoir de l’autre. Alors quand on rencontre quelqu’un qui menace notre vision bien rangée des êtres humains, il dérange. Il a un problème.

Racisme et sexisme, c’est ta chance !

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Carte postale adressée par un Français installé en Indochine, annotée de sa main à destination de son destinataire : « Mon cher… Laquelle préfères-tu ? Moi je prends l’autre. »

Encore aujourd’hui, je n’arrive pas à savoir dans quelle mesure ma non blanchitude me ferme des portes ou pas. Car le racisme tire sa pugnacité non seulement de son caractère systémique, mais aussi insidieux, invisible. Difficile de différencier ce qui tient de la réalité, et ce qui tient de ce que j’ai intériorisé.

D’ailleurs, j’en profite pour observer une minute de silence à la mémoire des hommes qui se sont échoués sur les récifs de mon féminisme tels des cons-qui-s’adorent. Tant d’hommes qui ont rivalisé d’imagination coloniale pour me « courtiser », complimentant la moindre parcelle de mon visage, contemplant le ravissant mouvement de mes lèvres au lieu d’écouter ce que j’ai à dire… et ce, depuis mes 12 ans (véridique). Quelle chance.

Eh oui, être une femme non Blanche, c’est aussi avoir droit à un face-à-face avec le fétichiste, en bonus du macho. Un homme m’expliqua ainsi un jour avec un air satisfait qu’il ne sortait qu’avec des Asiatiques depuis qu’il s’était rendu compte (ou plutôt lui-même convaincu) qu’ « avec elles, c’est moins compliqué ». Ha ha la belle affaire ! Le pauvre, j’aimerais pas être à sa place le jour où ses illusions voleront en éclats. Faudra pas venir pleurer dans les jupons de la Mère-Patrie après.

Eh ouais mec, on a toutes en nous ce « toupet » de ne pas nous laisser faire !

Alors c’est quoi ma chance ?

C’est cette blessure où je viens puiser la force et l’impertinence… (oui oui, je cite Goldman ![6])

Ma chance, c’est d’avoir en moi une petite graine de rébellion, arrosée à coups de lectures salvatrices et de rencontres galvanisantes. Une petite graine que je continue d’arroser tous les jours.

Parce que moi aussi, j’veux mettre mon p’tit grain de rire dans ce monde qui reste à adoucir…

Ça doit être mon côté zen. 😉

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[1] En référence au sketch de Gad Elmaleh

[2] Stigmate : Attribut social dévalorisant, corporel ou non, qui renvoie à l’écart à la norme.

[3] Racisme systémique : Système de théories et croyances, individuelles ou collectives, qui véhiculent l’idée selon laquelle il existerait des « races » dans l’espèce humaine, ainsi qu’une hiérarchie entre elles.

[4] À ce propos, lire l’excellent texte « L’humour est une arme »

[5] Menace du stéréotype : Pression psychologique particulière, relative à l’existence d’un stéréotype concernant une catégorie sociale particulière, qui se caractérise par la peur de confirmer le stéréotype négatif de son groupe.

[6] C’est pour montrer mon intégration, tahi (enfin, quoique !)

Ecrit par : Bitch Crew (16 Posts)


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12 Commentaires

  1. BoSS U dit :

    Excellent article encore une fois !!
    Les articles de la Bitch Crew sont toujours des uppercuts et celui-ci ne fait pas exception.
    Car si je n’utilise jamais les termes niakoué ou chinetok, je fais toujours mes courses chez le chinois sans vraiment me questionner sur son pays d’origine et je le dis sans me penser raciste ni penser que mon expression puisse l’être… Maintenant j’ai honte !!!

    • Le p'tit dit :

      ➡ (En réponse à @Boss U )- c’est pareil pour moi, pour désigner un magasin des fois, non… souvent, j’ai pour habitude de dire “chez le chinois”. J’ai un semblant d’explication, il se trouve qu’il est plus facile de désigner un magasin par l’origine du caissier que d’essayé de se rappeler du nom complet du magasin, le pire c’est que ça ne s’arrête pas au asiatique, c’est facile et ça ne nous touche pas directement, c’est vrai c’est malheureux et on y réfléchissant, honteux! Mais maintenant j’ai une question : peut-on dire ici que c’est raciste de ma part de continuer de les nommer comme ça et de laisser faire mon entourage?

      • Trapard Creteux dit :

        “il se trouve qu’il est plus facile de désigner un magasin par l’origine du caissier que d’essayer de se rappeler du nom complet du magasin”

        En même temps, les commerçants asiatiques sont connus à Nouméa pour toujours trouver des noms pour leurs commerces…très courts et qui se mémorisent bien. Quand tu tiens un commerce pendant 10-20 ans, t’as intérêt à bien réfléchir à son nom.

        D’ailleurs, en vieillissant, les noms des commerces qui n’existent plus mais qui ont bercés nos jeunes années font partie des discussions courantes entre potes.
        Autre chose qu’on mémorise en vieillissant ce sont les parcours des différents gérants et vendeurs dans les différents commerces de Nouméa, et les commerçants vietnamiens font partie de ces discussions et on connait aussi leurs noms de familles.
        De plus, il y a des commerces qui n’existent plus comme les vidéoclubs mais aussi les petits disquaires, et leurs noms et leurs gérants sont encore cités aujourd’hui. Pareil pour les gérants de cinéma bien que cela commence à être bien intégré dans l’Histoire de la Calédonie. Mais c’est aussi très courant de parler des anciens projectionnistes.

        Bref, tout ça pour dire que même si Nouméa s’est urbanisé en grandes pompes depuis 20-25 ans, il faut rester attentif à ce qui nous entoure quand on est jeunes. Et trop se regarder soi-même et pas assez les autres, ça laisse des trous de mémoires par la suite. :mrgreen: Et utiliser les noms des lieux et des individus à Nouméa c’est important. Il n’y a pas un métier qui est inférieur à un autre. Et pour moi, connaître les noms et un bout d’histoire de chaque individu et de son travail, c’est ça que j’appelle “m’abaisser”. C’est le Destn Commun, mais à l’ancienne manière (faudra d’ailleurs qu’on m’explique la nouvelle manière).

        Sinon, j’ai cherché un peu, et maintenant je sais qui tu es Le p’tit 😉
        Signé : un ex-collègue. :mrgreen:

  2. Trapard dit :

    Si ce sont des descendants de Chan dang, moi je dirai que leur pays d’origine c’est la Calédonie. Sinon, le métissage sino-viet, c’est pas rare non plus. Lui, par exemple, il est niaouli, fils de Chan dang de Thio, mais il est métissé chinois. Il tient une boutique de cuisine thaï avec un cuistot thaïlandais donc beaucoup pensent que lui-même est thaïlandais…
    https://www.youtube.com/watch?v=67YD0WqZ2Es

    Et en 2011, j’étais à Paris et j’avais fraternisé avec une famille chinoise qui gérait un restau de cuisine japonaise, donc les amalgames allaient bon train. :mrgreen:
    On la voit ici : https://www.youtube.com/watch?v=RsYQIzAMpwI

    “Le Chinois” c’est une expression qui vient de Polynésie, non ? Puis c’est un synonyme de “l’Arabe” en Métropole pour parler des épiceries qui ont souvent des horaires d’ouvertures extra-larges. Mais même ça, ça ne fonctionne plus trop ici puisque beaucoup d’épiceries ont réduits leurs heures d’ouverture ces dernières années et ont commencé à s’aligner sur les horaires des grandes surfaces. Moi comme je me fais souvent véhiculer, j’utilise toujours les noms des épiceries comme points de repères.

    Sinon, bien cet article, même si on dirait que ça traite de la Métropole. Mais ça peut s’appliquer ici aussi. L’ensemble de l’article a l’air d’être écrit par une jeune femme avec sa sensibilité et elle a l’air de bien le prendre, avec humour même.
    Moi aussi je fais souvent des erreurs, c’est le travail d’une vie, et ça m’arrive encore de sortir de vieilles blagues foireuses “ethnicisées” pendant des repas de groupe. Puis moi-même si je dis que je suis Zor ou que je dis que je suis Calédonien d’origine européenne, on va soit vouloir me faire plaisir, soit l’inverse, et enfermer l’une de ces deux origines dans une montagne de clichés. Puis j’évite de développer sur mes autres origines, parceque de toutes façons, ce que me dit la personne en face de moi, ça lui “appartient” à elle et ça n’a rien à voir avec moi. Puis surtout c’est en Métropole que je fais attention à qui je dis que je viens de Calédonie.

    Après, moi qui regarde beaucoup de films européens des années 70, il y a eu une grosse mode cinématographique basée sur du faux-exotisme à cette époque. Faux-exotisme parcequ’en brouillant les cartes au sujet des différents folklores, ça donnait une sorte d’exotisme imaginaire qui n’a pas dû aider les Européens. En Asie, ils ont aussi fait de même entre Hong-Kong, Taïwan, la Thaïlande, la Corée du Sud, l’Indonésie, les Philippines et parfois le Japon : ils ont aussi brouillé les cartes identitaires dans le but de vendre leurs films plus facilement. Voir des Coréen pratiquer les arts-martiaux chinois ou des Asiatiques grimés en noir pour jouer les Papous ou les Polynésiens, c’était très courant…Et la jolie Laura Gemser qui a joué tous les rôles des “Black Emmanuelle” en Italie était…Indonésienne. http://morbius.unblog.fr/2015/01/06/quelques-series-b-fantastiques-indonesiennes-p1/
    Bref, cette confusion volontaire et commerciale n’a pas dû aider…

    • BoSS U dit :

      Quand je parlais du Pays d’origine du Chinois, je ne préjugeais pas que ça ne puisse pas être la Nouvelle-Calédonie.
      De nombreux Chinois sont plus calédoniens que moi avec un accent caldoche à couper au couteau… Mais comme je disais, je continuais jusqu’à hier de l’appeler le Chinois et j’en ai honte.
      Aujourd’hui je dis le commerçant de proximité

      • Trapard Creteux dit :

        Magasin de quartier, c’est pas mieux ?

        Dans la rue :

        -Ahou, pardon frangin. Tu sais il est où le commerçant de proximité ?

        :mrgreen:

        À ne pas confondre avec les commerçantes de promiscuité ! :mrgreen:
        (…qui n’ont ni local, ni enseigne…Et au niveau du bail mensuel pour l’emplacement, elles tireraient plus du côté du stand à brochettes sauvage que de la roulotte à porcs au sucre, même si elles cuisinent aussi le nem chaud).

  3. Trapard Creteux dit :

    Sinon j’avais lu il y a quelques temps sur facebook une anecdote marrante racontée par un jeune de Canala qui faisait ses études à Nouméa. Un vieux Métro l’avait abordé pour lui demander s’il était de Lifou, et comme le jeune mec de Canala avait répondu “non”, le vieux avait enchaîné en demandant : “Ah bon. Tu es sûr ?” :mrgreen:

  4. Trapard Creteux dit :

    À propos de Chinois, en voilà un que j’adore. :mrgreen:

    1.

    2.

  5. Flore Balthazar dit :

    Hey ! Ça fait plaisir de trouver mon dessin à la fin de l’article !
    Merci !

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