Un Calédonien chez les Ch’tis

Cet article est une collaboration amicale

avec le blog KOI ÇA GEEK ?

Petit retour vers le Passé ce weekend en cette période de Festival du cinéma de La Foa avec un montage que nous a fait parvenir Monsieur Charles Delobel de l’Atelier Vidéo de Wattrelos. On peut y découvrir le réalisateur calédonien Paul K. Dupré alors en voyage dans le Nord de la France où il était membre du jury lors du festival international du cinéma amateur de Wattrelos, en 1988.

À savoir que Paul K. Dupré, monsieur très humble, d’origines modestes et broussardes, s’est toujours qualifié de “réalisateur amateur”, alors que ses films étaient diffusés en salles et dans divers festivals métropolitains où certains ont été récompensés. Le “cinéma amateur” désignait dans les années 50-60-70, un cinéma purement autodidacte, non-subventionné et pratiqué à l’aide de matériel amateur comme les caméras 8mm, Super-8, ou plus chères comme avec le 16mm (il existait aussi un courant du “cinéma amateur” dans les années 80 pratiqué à l’aide la VHS, puis dans les années 90 avec la vidéo Hi8 et S-VHS).

 

LORSQUE VINT LE TEMPS DES PIONNIERS (1968)

 

Voici les titres des différents films réalisés par Monsieur Dupré : LORSQUE VINT LE TEMPS DES PIONNIERS, POUSSIÈRE DE SANG, QUI A TUÉ LARRY JOHNS, MASTERSON ET MADDEN, SAM, M COMME MEURTRE, LA MONTAGNE DES SOURCES.

À la même période et sur ce même principe, Monsieur Dominique Arnaud tournait deux long-métrages polynésiens, MOEMOEA (1979) et HONO, LE LIEN (1984) qui sont consultables à la Médiathèque du Centre culturel Tjibaou à Nouméa.

 

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Dans la vidéo envoyée par monsieur Delobel et filmée en 1988 à Wattrelos après l’affaire d’Ouvéa, on y voit Paul K. Dupré très pudique et très humble comme à son habitude, pratiquer une coutume de remerciement au Maire de Wattrelos.

Et en cadeau-bonux, voici aussi un extrait de l’émission VEILLÉES OCÉANES présentée par Sonia Lagarde et Jacques Kiki Karé en 1983 sur RFO-Nouvelle-Calédonie. Paul K. Dupré, alors en pleine exploitation de son dernier film, LA MONTAGNE DES SOURCES dans divers festivals métropolitains, nous parle de sa passion de réalisateur. Et l’on peut découvrir plusieurs bandes-annonces de ses vieux films, avec sa voix-off enregistrée pour l’occasion. Et notamment la bande-annonce assez humoristique de POUSSIÈRE DE SANG, tourné sur un terrain de la famille Metzdorf à Poya avec les gens des tribus de la région qui jouaient les Apaches.

 

Visions australes, 1930.

Les animateurs de l’émission VEILLÉES OCÉANES présentaient en 1983 le pasteur Léonard Hnacipan qui était l’acteur principal de LA MONTAGNE DES SOURCES comme le premier acteur kanak. Et bien que je ne sois ni historien ni quoique ce soit de ce genre, mais simple collecteur, je ne pense pas du tout que cette information soit exacte. Puisque dans les années 1930 déjà, des habitants de Lifou jouaient les premiers rôles dans le film de Jean Mugeli, VISIONS AUSTRALES (aussi connu sous le titre RAPT DANS LA JUNGLE). Mais ce film semble n’avoir jamais été référencé sur imdb et autres blogs, et semble avoir été retiré très vite du circuit d’exploitation, suite à certaines maladresses commises par son réalisateur (en rapport avec une certaine exposition qui s’est déroulée en 1931 à Paris…).

 

Affiche japonaise de L'ÎLE LA PLUS PROCHE DU PARADIS.

Affiche japonaise de L’ÎLE LA PLUS PROCHE DU PARADIS.

 

 

D’autres comédiens kanak (comme Tim Sameke, très jeune) ont par la suite interprété divers rôles dans le film japonais L’ÎLE LA PLUS PROCHE DU PARADIS (1984) de Nobuhiko Ôbayashi, tourné à Nouméa et à Ouvéa, mais il n’existe pas vraiment de travail de référence non plus pour ce film (Seul Nouvelle-Calédonie Première doit avoir archivé des extraits du film présenté par Laurène Cassagne en 1985 dans l’émission “Point de Rencontre”). Seuls les films de la fin des années 90 et des années 2000 restent bien médiatisés et facilement consultables en Nouvelle-Calédonie, d’où cette idée que les films calédoniens ou tournés en Nouvelle-Calédonie sont apparus avec le Festival du cinéma de La Foa et avec la provincialisation.

 

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Ecrit par : Trapard Creteux (966 Posts)

Affreux, Sale et Méchant.


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13 Commentaires

  1. BoSS U dit :

    C’est bien de parler de temps en temps de Paul K. Dupré pour que les jeunes apprenent que le cinéma calédonien n’est pas né avec Foudre et que le premier long n’est pas Ni28 de Terence Tesh Chevrin. Et ne pas être le premier n’enlève en rien à la qualité du long de Tesh
    Juste, il ne faut pas oublier qu’il y a eu un avant Tesh.
    J’ai comme l’impression que nous sommes le seul média (grâce à Trapard) à nous intéresser à Paul K. Dupré.

    • Trapard Creteux dit :

      Le seul média actuel puisqu’il me reste des coupures de presse d’époque. Et beaucoup de personnes se souviennent, soit avoir vu les films en question, soit en avoir vu de la publicité à la télévision ou dans la presse. Il y a quelques temps, je demandais à l’ancien maire Charles Bernut s’il se souvenait de ces films et il m’en a fait une belle éloge.
      Et le premier court de Paul K. Dupré date de 1957 ! L’ORTF-Nouvelle-Calédonie naissait que 8 ans plus tard, en 1965 !!
      Et Paul K. Dupré a tourné plusieurs longs. Après, le temps a fait son effet sur ses films, et aujourd’hui un film comme NI28 est très moderne à côté de ce cinéma des années 60 à 80.
      Il y a aussi un autre long-métrage antérieur à “NI28” qui est sorti en DVD (DTV -> Direct-To-Video). Le DTV (donc DVD ou Blue-Ray) est une autre sorte d’exploitation, beaucoup de films indépendants américains, européens ou asiatiques ne sortent plus en salles (les exploitants de cinéma deviennent frileux) et sortent directement en DVD. C’est un grand débat actuel, moi qui suis un grand lecteur du magazine Mad Movies, je peux t’affirmer que très peu de films ne sortent plus en salles en Métropole (localement c’est encore une autre question…), exceptés lors de quelques festivals qui piochent dans le marché du film. Et heureusement qu’on a le Festival du cinéma de La Foa pour le coup.
      Et au-dessus je voulais parler du film de Francky Lewis, “Plus Jamais sans ma Soeur” qui est sorti aux alentours de 2011 en DVD, d’abord commercialisé chez Compact Megastore puis plus largement en Métropole.
      http://television.telerama.fr/tele/films/plus-jamais-sans-ma-soeur,69917150.php
      Après moi j’adore NI28 même si je lui trouve quelques petits défauts et j’attends impatiemment les deux suites qui risquent d’être extrêmement bien maîtrisées puisque T. Chevrin commence à cumuler de la bouteille depuis le temps !

  2. Trapard Creteux dit :

    Je viens d’ajouter l’affiche japonaise de L’ÎLE LA PLUS PROCHE DU PARADIS.

    Le petit garçon assis sur la branche morte à droite de l’actrice Tomoyo Harada ce n’est évidemment pas Tim Sameke mais un autre garçon qui tenait l’un des premiers rôles et dont j’ai oublié le nom. Et comme ce garçon était métissé kanak-japonais, l’équipe du film lui avait permis de voyager au Japon pour rendre visite à une partie de sa famille qui lui était inconnue. En tout cas c’est ce qui avait été raconté sur RFO-NC lors de la diffusion du film en salles à Nouméa.

    • Trapard Creteux dit :

      Sinon, puisque je suis dans les anecdotes d’avant la provincialisation, j’en ai une qui est très peu connue…ou oubliée : une des actrices d’Eric Rohmer est venue à Nouméa en 1989 : c’était Emmanuelle Chaulet, actrice principale de “L’Ami de mon Amie” (1987).
      http://www.fr.emmanuellechaulet.com/parcours/biographie.html
      Elle était très jeune et il me semble qu’elle avait de la famille à Nouméa et qu’elle avait présidé le concours de courts-métrages calédoniens du Festival du Cinéma organisé par le groupe Edison au Surf Novotel, et dont la dernière édition a eu lieue 8 ans avant la première édition du Festival du cinéma de La Foa. Ce Festival a bel et bien existé même si tout le monde l’a complètement oublié, moi-même j’ai été membre du jury en 1990 (ou 1991) et le réalisateur Michel Besse concourrait déjà à ce festival avant de concourir à celui de La Foa des années plus tard. D’ailleurs si ce festival n’avait pas été interrompu brutalement, il y aurait aujourd’hui deux festivals avec un concours de courts-métrages locaux (il avait aussi un concours ouvert aux publicités, un autre pour les clips locaux et un autre pour les films documentaires institutionnels).
      Le Festival était médiatisé mais il n’était pas du tout subventionné. C’était un festival bricolé de passionnés : je me souviens que pour visionner les films et délibérer, on avait installé une immense table de restaurant sous l’un des grands escaliers blancs du Surf et on avait branché plusieurs moniteurs VHS pour suivre la projection à 5 ou 6, avec un mélangeur à poignées pour les marches arrières, lorsque l’un d’entre nous demandait à revoir un film. :mrgreen:
      Il y avait aussi un Festival du cinéma japonais au Surf Novotel avec des vieux classiques de Yasujiro Ozu en hors-concours. Emmanuelle Chaulet a été présente à l’un de ces deux Festivals du Surf Novotel, je ne sais plus lequel exactement. Par contre, je me souviens parfaitement d’une soirée sur invitations sur un grand yacht amarré à la baie de la Moselle (la Marina n’existait pas et les bateaux étaient amarrés sur les quais là où a été construit plus tard l’actuel marché). La soirée était organisée par l’association Le Cinématographe de Nouméa et Emmanuelle Chaulet y partageait ses expériences en tant qu’actrice et sa rencontre et son travail avec Eric Rohmer. C’était convivial mais pas luxueux : tout le monde était assis en cercle à même le plancher dans la grande cabine principale. Un bon souvenir.

      À la même période, Marie-France Pisier tournait LE BAL DU GOUVERNEUR à Nouméa et Luc Besson traquait le tricot rayé dans le lagon et près des côtes calédoniennes pour ATLANTIS.

      • Trapard Creteux dit :

        Et enfin une info qui va surprendre BoSS U…Pascal ‘Pacalou’ Tjibaou jouait un petit garçon qui entretenait une relation amicale avec la jeune Théa Forestier dans LE BAL DU GOUVERNEUR.
        Il est crédité ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Bal_du_gouverneur
        Mais je trouve très peu d’extraits du film sur youtube à part
        https://www.youtube.com/watch?v=iJRy7oCrBx0
        et
        https://www.youtube.com/watch?v=25h6WU_VqYM
        Et je n’ai pas revu ce téléfilm depuis plus de 20 ans sur RFO-NC. Je me souviens plus de son personnage dans le roman. Par contre, petite erreur sur Wikipedia : le tournage a eu lieue en 1989 à Nouméa et pas du tout en 1988 comme c’est indiqué. Ça avait été un branle-bas pour les castings, les costumes, les accessoires d’époque, les collectionneurs ressortaient toutes leurs collections pour le film. Et en 1989 le frère aîné de Pascal Tjibaou était en classe de seconde à Lapérouse, donc lui, il devait être tout petit, en classes de Primaire.

      • BoSS U dit :

        Je ne savais pas que Pascal Tjibaou avait joué dans un film.

      • Trapard Creteux dit :

        On le voit dans TJIBAOU, LE PARDON, mais il joue son propre rôle…

      • BoSS U dit :

        Quand je disait film je sous-entendiat fiction : raccourci maladroit de ma part.
        Je ne sais pas si on peut dire que dans le pardon, il joue son propre rôle. Il est, c’est tout 😉

      • Trapard Creteux dit :

        Oui je sais, j’ai fait exprès d’en parler. :mrgreen:
        Après en Calédonie on prend toujours tout très très au sérieux, mais si un jour TJIBAOU, LE PARDON de G. Dagneau était référencé sur IMDB, toutes les personnes présentes à l’image seraient créditées comme ça se fait sur IMDB, c’est-à-dire : Himself.

    • BoSS U dit :

      Très chouette affiche du film et belle anecdote

  3. Suzanne dit :

    Bonsoir je m’appelle Tain Suzanne Waifetra je suis la fille de l’acteur kanak Monsieur “Pasteur Léonard Hnacipane” ,il s’appelle ” Pasteur Tain Léonard Mahae”.
    Je suis à la recherche du cinematographe Paul K du pré afin que je puisse avoir un extrait du film de mon père…
    Et mille fois merci …
    (Mahae.tain@gmail.com) c’est son adresse mail..

    • Suzanne dit :

      Encore je souhaite rencontre Mr K Dupré ou un de ses enfants pendant les périodes de vacances scolaires…
      Sachant tout de même que votre père à beaucoup fait pour le cinéma Calédonie.

      • Trapard Creteux dit :

        Bonjour, je ne sais pas trop comment vous répondre. Mais ce n’est pas une bonne période pour rencontrer Monsieur Dupré.
        Bonne semaine à vous.

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