Entretien avec David Guivant, réalisateur.

David Guivant vient d’une autre planète. Une toute petite, près de Tattoïne, entre Tatoo 1 et 2 : la Nouvelle-Calédonie.

 

Boss U parlait déjà de David Guivant en 2008 ICI.

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Fan de Mangas, de Japanimation, de Star Wars, de Comics comme de cinéma indépendant, il tourne depuis plus d’une dizaine d’années des courts-métrages de science-fiction. Que ce soient des expérimentations originales comme AEON  qu’il avait présenté au Festival du cinéma de La Foa en 2004 ou de purs FanFilms, David s’applique à exploiter des logiciels de SFX et de retouches d’images pour produire de superbes effets visuels, ce qui lui a d’ailleurs valu d’intégrer la Digital Animation & Visual Effects school, située dans les studios Universal d’Orlando, en Floride. Et où il a pu participer à deux projets, ANTHRO et STAR WARS : THE SOLO ADVENTURES, des courts en animation 3D et relief. Le dernier a d’ailleurs été récompensé en 2010 à la convention Celebration V à Orlando par George Lucas, père des STAR WARS lui-même.

Pour en revenir à ses FanFilms, un genre qui a été inventé dans les années 60 grâce à la vente des caméras super-8 familiales et popularisé par l’Américain Donald Glut qui tournait ses propres versions de SPIDERMAN par exemple (et que vous trouverez sur Youtube en fouinant un peu). En s’inspirant des Marvel ou des DC Comics ou des Séries d’animation japonaises, David Guivant lui, réalisa en Nouvelle-Calédonie ses propres versions d’IRON MAN, de CAPITAINE FLAM et de M.A.S.K. bien avant qu’Hollywood s’y intéresse.

Nous remercions David qui nous a autorisé à reprendre l’entretien suivant publié sur cineseries-mag.

 

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1) Bonjour David, peux-tu nous présenter brièvement ton parcours artistique ?

« Bonjour, Je suis David Guivant, je viens de Nouvelle-Calédonie. Je suis un ancien enseignant en Arts Appliqués avec une formation de Graphic Designer à Singapour et ensuite à Brisbane.

J’ai réalisé à l’époque 1999-2005 des tradings cards de G.I. Joe, des Transformers, XXX, de GEN 13, des 4 fantastiques, de Starman et Birds of Prey. J’espère pouvoir travailler un jour pour des studios de cinéma comic books, animés, mangas, jeux de rôles et trading cards.

J’ai toujours été fasciné par les effets spéciaux. En 2006, j’ai achevé un court-métrage indépendant, une adaptation personnelle de la Bande Dessinée L’Invincible Iron Man TV Show, diffusé sur le net en Décembre 2007 (sorti 4 mois avant la version de Jon Favreau, tourné sur les quais de Nouméa et dans une mezzanine).

Le succès de la saga Star Wars m’a incité par la suite à réaliser avec mes amis : George Lucas : Legend of The Force, relatant le rencontre entre 2 légendes du cinéma, Spielberg et Lucas, ainsi que Prime of the Jedi, une suite fictive (tourné à Yaté, Fort Tereka / Nouville, Mont-Coffin, Mont-Vénus…)

Après une incursion dans Star Wars, je suis passé à l’univers de Marvel. Grace à Invincible Iron Man et un début de Captain Future Capitaine Flam, j’ai pu intégrer la Digital Animation & Visual Effects school, à Universal Studios / Orlando. Durant ma formation, j’ai pu participer à 2 projets : Anthro du réalisateur Aristomenis Tsirbas, et Star Wars : the Solo Adventures mettant en scène Chewbacca ; Han Solo a gagné le prix du meilleur court-métrage animé au concours de Fan films à Celebration V, la plus grosse convention de Star Wars de la planète, dont le juge était le grand George Lucas lui-même !

Suite à cette aventure, j’ai eu l’opportunité d’enseigner le dessin, la peinture ainsi que le logiciel After Effects à l’institut Universitaire Polytechnique de Singapour. Je viens juste d’achever Captain Future. »

2) Depuis quand remonte ta passion des mangas japonais? Lesquels ont bercé ton enfance, t’ont le plus inspiré ?

« Je suis un grand fan de dessins animés Japonais depuis ma plus tendre enfance. J’ai bien sûr grandi en regardant Récré A2, le Club Dorothée dans les années 80s avec le Capitaine Flam, Goldorak, Albator, Judo Boy, Saint Seiya, Dragon Ball, L’empire des 5, Cobra, etc…  Effectivement, le Capitaine Flam est celui qui m’a le plus inspiré. Tous ces dessins animés diffusés sur notre seule et unique chaîne TV en Nouvelle-Calédonie, nous ont ouvert les yeux sur un autre monde.

Ensuite les années 90s et quelques voyages culturels vers le Japon (grâce à mon père), m’ont fait découvrir qu’il y existait une myriade de mangas et dessins animés. J’ai découvert Appleseed, Gundam, PatlaborBubblegum Crisis, Ad Police, Macross, Madox-01, Megazone 23, Venus Wars, Akira …. Pour en citer quelques uns. J’adore les avions de chasse donc on va dire Macross reste au top ! Bubblegum Crisis aussi reste un de mes préférés, par Shinji Aramaki : j’ai découvert de superbes designs de Mecha ainsi que des histoires plus mûres que ce que nous offraient les dessins animés Américains destinés à un public plus jeune. »

 

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3) D’où t’est venue cette idée originale de « ressusciter » le Capitaine Flam ? Un projet de long-métrage peut-être ?

« Après notre aventure dans une galaxie très lointaine et Marveliene, mes amis et moi, étions aussi intéressés par l’univers des dessins animés Japonais ainsi que les tokusatsus. (Sharivan, Shaider, GabanKamen rider )

Une compagnie de publicité espagnole avec des moyens plus conséquents, avait fait un petit coup de publicité en réalisant un fan film Albator, ainsi que les Italiens avec Goldorak.  Personne d’autre n’avait fait Capitaine Flam. A notre tour, les Français de montrer notre savoir faire.

Nous avons fait des recherches et sommes tombés sur Capitaine Flam.fr dont le webmaster Pascal Refloch avait compilé une vaste somme d’information sur le personnage et ses diverses origines. A notre grande surprise, nous avions découvert que Capitaine Flam s’appelait en fait Captain Future et qu’il était adapté librement des romans pulp Américains.

La Toei s’etait inspirée de Robert Redford pour le visage de Captain Future, tout comme Cobra avec Belmondo. Les vaisseaux eux même aussi inspirés par 2001 l’Odyssée de l’espace, sans oublier Star Wars d’où le costume de Flam similaire aux Stormtroopers. J’ai justement pu rencontrer la Toei lors du festival D’Annecy en 2012, où j’ai pu leur montrer quelques séquences de Captain Future. Ils ont trouvé cela très sympa.

Je ne pouvais pas adapter Flam sans ignorer le matériel original, or il se trouve que Captain Future possède des looks aussi diversifiés selon les pays dans lesquels il a été publié.

Mon projet est donc une suite logique dont les aventures se déroulent 5 ans après les événements décrits dans les romans ainsi que les dessins animés.

Ma version du Capitaine Flam, bien qu’une suite (Captain Future) est plus proche du roman original, avec un petit clin d’œil au dessin animé Japonais de notre enfance. J’ai conservé certaines couleurs pour les costumes. Dans le roman Joan est brune, je l’ai gardé en blonde comme dans le dessin animé. Le vaisseau original, Le Comet, est similaire à celui qui est dans le roman.

Effectivement comme le réalisateur Français Alexandre Aja qui projette de réaliser un film de Cobra, j’aimerais bien que ce projet devienne un jour un long métrage. Pour l’instant mes Fan Films à but non lucratifs sont programmés bientôt pour une projection à divers festivals et conventions. »

 

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4) Quelles sont les difficultés que rencontre un jeune réalisateur pour émerger, se faire connaître ? Tu nous as spécifié que tu avais réalisé ces courts-métrages sans budget. N’est-ce pas parfois difficile voire décourageant ?

« Ne possédant aucun budget pharaonique ou de matériel professionnel, les cinéastes amateurs voulant captiver l’attention des studios dans le but de décrocher un emploi dans le milieu cinématographique, font généralement des courts-métrages eux mêmes comme Steven Spielberg (avec le court-métrage Firelight) à ses débuts, avant de décrocher un poste à Universal Studios pour réaliser un épisode de Columbo. D’après son complice George Lucas, « Steven pouvait faire voler des avions à hélices qui se déplaçaient plus vite que la vitesse de la lumière comme des vaisseaux« …

Effectivement lorsqu’on habite en Nouvelle-Calédonie, il n’y pas grand monde qui vous prend au sérieux, même après avoir déjà réalisé quelques courts-métrages dont Star Wars et Iron Man. Il ne faut pas se décourager et avoir foi en DIEU. Mes projets sont en général des courts-métrages à but non lucratifs réalisés sans aucun budget mais avec le cœur à l’ouvrage et beaucoup de passion !

Le tournage s’est déroulé  entièrement en Nouvelle-Calédonie en 2008 au Lycée Blaise Pascal dans une salle d’histoire/géo transformée en plateau de cinéma pour l’occasion. Beaucoup d’humour et de rigolade lors de cette aventure, avec un caméscope mini dv et un budget de 750 Euros de ma poche et celle du Sculpteur Abel Lasserre qui a fabriqué l’armure du Capitaine Flam, et auparavant celle de Boba Fett sur mon projet Star Wars Prime of the Jedi.

L’acteur Paul Lasserre, qui fut le premier homme à interpréter Tony Stark en live dans mon court-métrage Iron Man, troque son armure de vengeur contre celle du Capitaine Flam. Abel Lasserre est également de retour dans le rôle de l’androïde Otho et s’est rasé le crane pour incarner fidèlement le personnage. Frédéric Lasserre, nouveau venu, incarne le Marshal « Starwolf » Ezra, chef de la police intergalactique, croisement entre un Jack Palance et un Lee Van Cleef futuriste. Le Capitaine Flam est aussi entouré son fils adoptif Ken (Loup Paolo Courdent) sa douce amie Joan Randall (Tehani Jeandot), la Comtesse Cydonia (Valentine Ollivaud), la Princesse Inana (Ophélie Matkovic) ainsi que la reine Thiamat (Nania Turpin).

Nous avons fait la connaissance aussi d’autres personnes, tous fans de dessins animés Japonais (Récré A2 + Club Dorothée) dont Julien, Nathanael, Françoise, Eric, Gilbert, Kenny, Patrice…. tous les assistants qui sont venu se greffer à notre équipe.

 

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5) Concernant les effets spéciaux notamment, lorsque l’on utilise les moyens du bord pour tourner, on est obligé d’être malin et futé. Peux-tu nous livrer quelques astuces de tournage, quelques anecdotes rigolotes, qui t’ont permis de faire des économies et de mener ton projet à terme ?

« Nous avions voulu le faire façon Tokusatsu avec un costume et une armure physique  (Façon X-OR) qui a été bel et bien fabriquée. Mon ami Sculpteur Abel Lasserre qui a autrefois fabriqué une armure de Boba Fett et Dark Vador, s’est attelé à la tache.

La post-production a été entièrement réalisée en 2D (aucune 3D n’a été utilisée), suivant les traces du réalisateur Kazuaki Kirya (Casshern, Goemon), où le monde réel et le manga se fusionnent entre eux. Les logiciels Photoshop et After Effects sont utilisés pour les trucages.

On a soigneusement étudié les épisodes de San Ku Kai, X-or et lors de mes voyages à l’étranger, j’ai pu ramener quelques storybooks de Kamen Rider 555(achetés dans les Kinokuniya bookstores de Singapour), pour pouvoir créer notre propre armure du Capitaine Flam. Par contre, nous nous sommes heurtés aux mêmes problèmes que toutes les armures, les mouvements restent très limités pour l’acteur. Pour le tournage nous avons donc opté pour une combinaison de plongée (appartenant à l’acteur lui même) recouverte de morceaux de feuilles brillantes.  Pour la lampe façon Iron Man sur son torse, j’ai pris un tuperware collé sur son torse. Le costume de Mala a été fait avec du tissus bordeaux, pour la partie cuir ; notre costumière Marie-Thérèse qui a l’habitude de faire des costumes pour ses enfants cosplayers, a tout simplement découpé une petite partie de son canapé (façon Tokusatsu fauché)

Le monde de Captain Future est entièrement composé de textures organiques. Notre savoir faire limité sur les tokusatsus m’a poussé de voir du côté de l’Amérique ! Pourquoi pas combiner le savoir faire de plusieurs cultures ? Après tout, l’équipe de George Lucas a elle même utilisé des pommes de terre pour les astéroïdes de l’Empire Contre Attaque ! Pourquoi pas nous? Une boule de glace vanille sert de planète, les astéroïdes dans un des plans, sont en faite des nuggets de poulet ; des crêpes fabriquées maison, servent de texture pour les paysages déserts et lunaires de la base spatiale du Capitaine Flam. L’effet d’hyper espace est obtenu en appliquant un flou radial (en mode Zoom) sur des feuilles de salades. Mon ami Alain Weihsbach photographie de nombreux insectes et m’a refilé quelques unes de ses photos dont les textures composent l’armure de la Princesse Inana. Le look final de nos héros intègre divers éléments comme des morceaux de moulinets de pêche, ainsi que des morceaux de caméscopes. (moulinets achetés dans un magasin de pêche à Shimbashi au Japon). Il faut savoir qu’en Nouvelle-Calédonie, nous aimons beaucoup la chasse, la pêche, la plongée sous marine… Notre environnement nous offre des paysages adéquats pour ce genre d’activités surtout notre magnifique lagon bleu qui nous offre du poisson frais. En utilisant le moulinet de pêche de ma mère pour la confection de l’armure digitale de Flam, je rends hommage à mes parents ainsi qu’à la Nouvelle-Calédonie en quelque sorte. Finalement je me suis senti faire du Tokusatsu mais de façon digitale !

Voilà donc quelques astuces qui démontrent comment on peut réaliser un mini court-métrage sous forme de teaser pour un budget dérisoire, sans crowd funding, tout en rendant hommage à notre dessin animé d’enfance ainsi qu’à l’auteur original. »

 

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6) Dans ton teaser, David, il n’y a pas de dialogues. Est-ce un choix délibéré ou plutôt une contrainte ?

« Effectivement, on n’a pas les moyens adéquats, ni une équipe pour la bande son. Il faut rappeler aussi que nous sommes en Nouvelle-Calédonie, où il y a plus de poissons dans l’eau que d’habitants sur cette île. Rassembler des gens autour d’une passion et d’un projet de cette envergure relève plus du miracle que de l’exploit !

Une des personnes de l’industrie Américaine qui passe en revue nos démos à la Digital Animation and Visual Effects School et qui est aussi un des juges dans la catégories Effets Visuelles lors des Academy Awards nous dit toujours que c’est mieux de réaliser un fan film sous forme de générique d’ouverture de série tv pilote ou bien une bande annonce (teaser) qui espérons le, pourra captiver l’attention des studios pour en faire un long métrage.

C’est aussi plus attrayant pour un artiste digital aussi de bosser sur des séquences diversifiées qu’offre le format du teaser ou générique de série Tv. D’ailleurs, beaucoup de recruteurs de grands studios coupent le son lors du visionnage de ces démos.

Quand on est seul pour assurer toute la post-production des formats très courts sont les bienvenus. »

 

 

7) Enfin quels sont tes projets futurs, tes prochaines aventures, tes envies de réalisation ?

Mon projet suivant est déjà entamé : une adaptation de Module d’Action Secrète Kommando (M.A.S.K de D.C Comics), dessin animé culte des années 80. Le tournage s’est achevé en février 2012, au cas où la prophétie Maya se réaliserait? La sortie devrait avoir lieu en 2016. Les séquences de M.A.S.K seront réalisés avec After Effects et bien évidement le logiciel Nuke !

Vous trouverez la page complète de l’article sur ce lien.

Ainsi que les films Star Wars : the Solo Adventures et Anthro.

Mais aussi Captain Future Tv Show (Pilot Episode – Director – Conceptual Artist and vfx)

 

En souhaitant bonne chance et bon courage à David Guivant pour la suite.

Ecrit par : Trapard Creteux (963 Posts)

Affreux, Sale et Méchant.


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fois. Thankiou bien !

3 Commentaires

  1. BoSS U dit :

    Génial
    Merci Trapard pour le partage de l’interview de David Guivant.
    Je ne savais pas qu’il était fini son film
    Je le mets en ligne sur le cri dès demain, c’est cool ça !

  2. Trapard Creteux dit :

    J’aime beaucoup STAR WARS : THE SOLO ADVENTURES et surtout le perso de Han Solo.

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