Doit-on craindre les tsunamis en Nouvelle-Calédonie ?

Après l’alerte au tsunami du mercredi 6 février en Nouvelle-Calédonie, il semble de bon ton, sur le web, de se gausser de la réaction du haussariat.

Petit rappel des faits

Un séisme de magnitude 6,8 sur l’échelle de Richter a été enregistré au large de l’île Santa Cruz dans l’archipel des Salomon, rapporte l’Institut géologique américain (USGS).

Les iles Salomons sont situés sur la ceinture de feu du Pacifique, un alignement de volcans coïncide avec un ensemble de limites de plaques tectoniques et de failles. Ces limites sont également marquées par les principales fosses océaniques de la planète. La ceinture de feu du Pacifique fait partie des trois zones d’activité sismique les plus importantes de la planète.


Afficher Epicentre du séisme du 06/02/13 sur une carte plus grande

Le séisme a créé une vigilance au tsunami dans la zone pacifique.

En Nouvelle-Calédonie, l’alerte au tsunami a été donnée par le haut-commissariat vers 13h30 sur l’ensemble de l’archipel.

L’alerte a été largement relayée par les radios et dans certaines communes, les sirènes d’alerte ont été déclenchées.

Les pompiers, la gendarmerie et la police ont fait évacuer les plages et les zones sensibles.

L’alerte a été levée par le haussariat à 16h15.

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photo trouvée sur Calédosphère

Modes de diffusion de l’alerte.

Si l’utilisation de messages radio et des sirènes (quand elles fonctionnent) semblent des bons moyens de diffusions de l’alerte, nous pouvons regretter qu’il n’y ait pas eu ou très peu d’informations relayées sur Internet par les autorités compétentes et les médias et aucune par sms. Aujourd’hui où une grande majorité de la population a son téléphone a portée de main l’envoie de sms semble pourtant un excellent moyens de communication d’informations. Nous savons que c’est possible, le président du gouvernement nous souhaitait une bonne année et nous disait de ne pas trop abuser de l’alcool par ce biais, il y a quelques années.

Les effets du tsunami.

Il semblerait qu’à l’heure où j’écris, on déplore 9 morts aux iles Salomon et que les secours, australiens pour la plupart, peinaient atteindre tous les villages touchées par la catastrophe.

En Nouvelle-Calédonie, selon le centre d’alerte aux tsunamis, une vague de 55 centimètres d’amplitude a été enregistrée dans la province Nord, à Hienghène, et de 48 cm sur l’île de Lifou. Ça peut paraître peu mais dans une zone lagunaire où les vagues sont quasi inexistantes, ça montre que l’activité marine était très forte.

Doit-on craindre les tsunamis en Nouvelle-Calédonie ?

Un tsunami est créé lorsqu’une grande masse d’eau est déplacée. Il peut être créé par un séisme d’une magnitude de 6,3 (valeur « seuil ») ou plus, lorsque le niveau du plancher océanique le long d’une faille s’abaisse ou s’élève brutalement.

Certains tsunamis sont capables de se propager sur des distances de plusieurs milliers de kilomètres et d’atteindre l’ensemble des côtes d’un océan en moins d’une journée.

Ce n’est pas principalement la hauteur du tsunami qui fait sa force destructrice, mais la durée de l’élévation du niveau de l’eau et la quantité d’eau déplacée à son passage.

Non loin de la ceinture de feu, la Nouvelle-Calédonie est dans une zone à risque.

Une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (United Nations Environment Programme) suggère que le tsunami du 26 décembre 2004 a causé moins de dégâts dans les zones où des barrières naturelles, telles que les mangroves, les récifs coralliens ou la végétation côtière, étaient présentes.

Nous lisons que Nouméa serait protégé car la zone la plus exposée est celle faisant face à la ceinture de feu, la côte Est, les Iles loyautés, l’Ile des pins. Mais un tsunami à l’approche d’une île est capable de contourner celle-ci en raison du phénomène de diffraction lié à sa grande longueur d’onde ; en particulier la côte opposée à la direction d’arrivée du tsunami peut également être touchée.

Lors du tsunami du 26 décembre 2004, la ville de Colombo au Sri Lanka fut inondée bien que protégée des effets directs du tsunami par le reste de l’île. Il semble donc, que Nouméa puisse aussi être victime d’un tsunami.

Je pense que nous pouvons donc craindre les effets dévastateurs d’un tsunami en Nouvelle-Calédonie.

Alors si, mercredi nous n’avons pas eu de dégât à déplorer dans le Pays, cette alerte a tout de même créé embouteillages (a Nouméa) et  panique (un peu partout). Il faut se mettre à l’évidence, nous ne sommes pas encore prêts. L’exercice ne semble pas complètement inutile et dérisoire. En tout cas c’est ainsi que je lis l’évènement.

Sources

  • Tsunami – Wikipedia
  • NOAA’s Pacific Marine Environmental Laboratory (PMEL)
  • Métro Montréal
  • National Association of Geoscience Teachers
  • Pacific Tsunami Warning Center
Ecrit par : BoSS U (2296 Posts)

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fois. Thankiou bien !

3 Commentaires

  1. Fraÿd dit :

    Article super intéressant. Tu es resté objectif je suis 100% d’accord avec ton analyse.

  2. Lilite Dumont dit :

    Pareil. L’alerte était justifiée, et nous sommes de mauvais élèves. Si la vague avait fait 8 mètres de haut, je suis sûre que nous aurions trouver moyen de nous plaindre encore de l’inefficacité de l’Etat. En vérité, même s’il y a des choses à améliorer, ils ont fait leur boulot, et on ferait bien d’apprendre à jouer le jeu avec Fair-play.

  3. BoSS U dit :

    Merci beaucoup Fraÿd…
    Lilite, il nous faut toujours trouver un responsable…

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