L’intruse

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Ah ben voilà que j’étais plus chez moi dans ma tête

C’était con, elle était bien, enfin pas trop mal faite

Elle était confortable pour mes idées et moi

Et on s’y sentait rarement à l’étroit

Rires, pleurs, embrassades et chamailleries

Animaient cette pouponnière à rêveries

C’était ainsi dans ce désordre raisonné

Que s’épanouissait au mieux ma maisonnée

 .

Mais l’irrésistible intruse vint à tirer la chevillette

Et si en un glas cristallin la bobinette a chu

Pas un instant je ne m’imaginais déchu

Quand s’est invitée la brune à la cigarette

 .

Je l’accueillis galamment sur le pas de mon cortex

Assignant à leur case tous mes élans de sexe

Et leur tendance fâcheuse à se mettre en avant

Dès qu’un songe en jupon s’avérait imprudent

Nous nous promenâmes dans mes circonvolutions

Elle se mouvait si légère dans mon imagination

Qu’elle l’effleurait à peine plus qu’un rêve de plume

Cependant que sous ses pas flétrissait l’amertume

 .

Mais l’irrésistible intruse vint à tirer la chevillette

Et si en un glas cristallin la bobinette a chu

Pas un instant je ne m’imaginais déchu

Quand s’est invitée la brune à la cigarette

 .

J’étais confiant et sa compagnie s’avérait si douce

Que bientôt je ne pensais plus sans sa jolie frimousse

Elle m’accompagnait d’occipital en thalamus

Et ne s’outrageait guère des tas épars de détritus

Je lui présentai donc mes concepts et mes souvenirs

Mes opinions, mes inventions et mes délires

Ce petit monde mental s’accommoda fort bien de sa présence

Jusqu’à ma matière grise soudainement prise d’iridescence

 .

Mais l’irrésistible intruse vint à tirer la chevillette

Et si en un glas cristallin la bobinette a chu

Pas un instant je ne m’imaginais déchu

Quand s’est invitée la brune à la cigarette

 .

Lors un jour que je cherchais quelque effronterie

Quelque chose qui s’acoquinât gaiement à ma poésie

Toutes les pistes me voyaient achopper à son image

Partout en mon labyrinthe elle me faisait barrage.

Je testai avec appréhension la zone sérieuse où je calcule

Mais elle avait également chassé mes maths de leurs cellules

Et je sus que la courbe de mon encéphalogramme

A n’en point douter eût dessiné les traits de la dame.

 .

Mais l’irrésistible intruse vint à tirer la chevillette

Et si en un glas cristallin la bobinette a chu

Pas un instant je ne m’imaginais déchu

Quand s’est invitée la brune à la cigarette

 .

Je ne pouvais me laisser passivement déposséder

Il me fallait d’urgence faire le siège de ma propre psyché

C’est à ce moment inespéré que mon lobe pariétal

M’informa de la suavité d’une caresse labiale

Aussitôt les pulsions que j’avais prudemment consignées

S’égaillèrent en tous sens avides de s’exprimer

Et c’est dans une manière d’explosion divine

Que mon obsession d’elle se diffusa par mon échine.

 .

Et celle qui fut l’intruse n’a plus à tirer la chevillette

Et non jamais je ne regrette le jour de sa venue

Elle est en ma vie chez elle et ne m’entête plus

Et j’aime à y penser à ma brune à la cigarette.

 .

 Erick “Kal’hédoniste” Guiziou

Ecrit par : Kal'hédoniste (129 Posts)

Absentéiste


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fois. Thankiou bien !

5 Commentaires

  1. PhilNC dit :

    Ils se marièrent, eurent des enfants et payèrent beaucoup d’impôts.
    Bravo Eric.
    Trop terre a terre (et sans doute pas assez cultivé) pour écrire ce genre de petits textes agréables, je ne t’en tire que plus mon chapeau.
    :mrgreen:

  2. BoSS U dit :

    C’est une bien jolie chanson que tu nous chantonnes là.

  3. Trapard Creteux dit :

    Il est où Kal’houndini ? Il a disparu du blog ?
    On ne le voit plus trop par ici, ces temps-ci.

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