Christine Cho expose

Nous avions omis d’en parler sur le cri du Cagou. Heureusement, l’exposition de Christine Cho se poursuit jusqu’à la fin du mois à la médiathèque de Poindimié. L’occasion de nous ressaisir. Alors voilà…

 

Kataras, nattes, bambous, haikus et autres rêves par Christine Cho

Médiathèque de Poindimié

jusqu’à la fin du mois d’octobre 2012

Cette exposition  présente trois ans de travail à Canala, puis à Poindimié et notamment les trois parties de Je vous salue dans le silence,* série d’installations exposées à Nouméa et à Pouembout en 2010, 2011 et 2012 . Il s’agit d’un ensemble de masques réalisés avec des palmes de cocotier (kataras) , de nattes (où sont imprimés des haikus écrits à l’origine avec des ciseaux, en utilisant les mots a priori non poétiques des Nouvelles Calédoniennes). A  cela s’ajoute des bambous gravés, peints et collés, des «tapa» et des tableaux.

*1ère partie Une natte, 31 haikus et quelques kataras , aux femmes de Canala qui m’ont accueillie – Festival des arts mélanésiens, Centre d’art 2010

2ème partie  Un autoportrait en Océanie = une malle, cinq valises, 5O kataras aux élèves du lycée de Pouembout –  Centre Culturel Tjibaou 2012

3ème partie transport commun sur la ligne bleue et sur la ligne violette aux usagers des transports  en commun – Centre d’art 2012

J’ai ramassé la première palme de cocotier dans le jardin. En la voyant au sol, j’ai  vu un masque. J’ai peint le premier katara. 

 Partout où j’ai vécu, j’ai aimé les rebuts, ce que l’on jette, ce qui tombe par terre.

 Dans le village, sur  les cendres, au milieu des feux refroidis restaient les bases des palmes des cocotiers trop gorgées d’eau pour brûler. J’ai agrandi la famille. Tous semblables et tous différents, vivant leur propre vie en séchant, se tordant, s’aplatissant ou se recroquevillant  à leur gré. Ils regardent,  ils écoutent, ils se taisent, ils veillent sur nous tous. C’est ensemble qu’ils sont beaux.  Ils sont noirs et blancs. Rouges parfois. Parce  qu’en travaillant  j’ai repensé à la «prière aux masques» de Senghor.

Du katara (masque en langue xârâcùù) au takara (trésor en japonais), juste deux syllabes à échanger.  Tous les jours, je lis le journal d’ici avec les ciseaux. J’essaie d’écrire des haikus.

 Je ne suis pas d’ici. Je ne suis pas xârâcùù.  Je ne suis pas non plus japonaise. Je peins des katara et j’écris des haikus. C’est mon trésor.

 

Masques ! Ô masques !

Masque noir, masque rouge, masques blanc-et-noir

Masques aux quatre points d’où souffle l’Esprit

Je vous salue dans le silence

(Prière aux masques, L S Senghor)

 

 

xârâcùù : langue de Canala
katara : masque en langue xârâcùù
haïku :  poème court japonais constitué de trois vers de 5, 7 et 5 pieds
takara : trésor en japonais  宝

AvatarEcrit par : BoSS U (2349 Posts)

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One Comment

  1. Qui a bien pu emmener les kataras déposés aux abribus ? Toujours pas de nouvelles…

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