Ou alors ch’ais pas, moi, Flammarion, Denoël, Grasset… “Les aventures de Momo le chibré”, épisode 12.

Vous avez loupé le début ?

Chapitre 1, Chapitre 2, Chapitre 3, Chapitre 4, Chapitre 5, Chapitre 6, Chapitre 7, Chapitre 8, Chapitre 9, Chapitre 10, Chapitre 11.

Je sais pas pour vous, mais je commence à être fatigué d’avoir tout le temps le cul dans la flotte, depuis le début de cette histoire…

Fili me tend la main pour m’aider à monter à bord du Zodiac, je remarque la Rolex à son poignet.

-S’pèce d’enfoiré d’wallis, va, t’as pas pu t’empêcher, hein?

-Bein quoi? Question de crédibilité, Momo, enfin, tu me prends pour qui?

On rigole, de la poche de son treillis il sort un joli bracelet Cartier, ainsi qu’un jonc anglais avec un gros brillant monté dessus, me les tend dans la paume de sa grosse main ouverte.

-Je connais une gentille petite nana dans une tribu pas loin d’ici à qui ça pourrait faire plaisir, non?

-Merci mon poto… ça a été?

-Nickel. Pas de résistance. Je les ai lâchés sur l’îlot comme t’as dit, avec l’eau, les Sao, le briquet et les couvertures, je leur ai dit que les secours viendraient bientôt, ils avaient pas l’air plus affolés que ça…

-Faut qu’on bouge, t’entends l’hélico qui arrive?…

Fili s’esclaffe en démarrant ses deux fois 300Hp.

-F’raient mieux d’envoyer un sous marin, non?

-Pour le voilier va plutôt falloir un bathyscaphe… Les deux mecs sont attachés à fond de cale, j’ai mis la barre sur pilote automatique, j’ai saboté tout le reste, voiles réglées vent portant, il part vers l’Australie…
Quand ça va péter y’aura au moins deux mille cinq cents mètres de flotte sous eux…

-Tu les as pas fumés?

-Non… J’ai mis juste c’qu’il faut pour faire un bon trou dans la coque, il va mettre du temps à couler…

-Holaaa! Momo le justicier?…

-Attends, merde, ces mecs là, avec notre justice à la con, dans pas deux ans ils étaient dehors… T’as des gosses, Soané, je les adore en plus, j’ai pas envie qu’on leur propose ces merdes dans la cour de leur école.

Fili reste silencieux. Faut comprendre, quoi, moi j’en ai rien à foutre de ces deux mecs sur leur rafiot, ils peuvent crever, ça me fait ni chaud ni froid, seulement dans mon boulot on évite de laisser des traces, ou des témoins…

Alors le surfeur, quand je l’ai lâché avec les trente kilos de plomb menottés à sa cheville, y’avait plus de trois cent mètres de fond sous lui, ça m’étonnerait qu’ils le retrouvent.

Et les deux traîne-couillons sur leur voilier, ils vont couler avec, et puis c’est tout, et c’est bon pour leur gueule, parce qu’avec la codéine contenue dans le sirop pour la toux chinois bon marché que eux ramenaient du Vanuatu, le petit chimiste au camp fabrique un truc synthétique ultra puissant, au prix de revient dérisoire, et qu’ils s’apprêtent à en inonder le grand Nouméa en commençant par les écoles et les boites de nuit…

Le ciel s’est un peu éclairci, à la lueur des quelques étoiles on voit la silhouette de la Grande Terre. Ici et là des lumières, de temps en temps un phare d’auto, il est encore très tôt, le jour ne s’est pas levé, tout est beau, tout est si calme… C’est un joli pays quand même…

-Tu vois la lumière là-bas, à droite de la montagne qui tombe à pic? C’est chez les surfeurs… Ils doivent être en train de boire leur Milo avec leurs Chocapic, ces petits enculés… Tu m’excuses, j’ai un coup de fil à leur passer… Accroche toi…

J’ai composé le numéro du portable que j’avais laissé pas loin du camp, dans l’entrepôt de munitions souterrain que l’US Army avait oublié là après la guerre…

L’instant d’après, la colline qui surplombait le camp des surfeurs… Le camp… Les surfeurs… Plus rien de tout cela n’existait.

On a d’abord vu la lumière de l’explosion, et là d’instinct on s’est tous les deux accrochés plus fermement à ce qu’on pouvait, et puis on a entendu le BRAAOOUUUMMM énorme, ensuite l’onde de choc est arrivée sur nous, et des trucs se sont mis à tomber autour de nous…

-T’ain, Momo, t’es con, faut toujours que t’exagères, hein?…

-Ce que vous faites semblant de ne pas comprendre, Maurice, c’est que la République a besoin de montrer des résultats au bon peuple de France et des colonies… Là, la bande de petits branleurs, ce sont juste des victimes d’un horrible accident, alors qu’on aurait pu faire parler dans les journaux d’un trafic de drogue démantelé…

-Et dans cinq ans ils auraient été dehors, à recommencer, mon colonel?

-Vous faites chier, Maurice, et à cause de vous plus de langouste au mess des officiers, et “Les délices de la mer” a fermé… A ce propos, le patron qu’on a retrouvé dans sa bagnole calcinée au fond d’un ravin… Ça manquait de finesse, un peu… Vous me décevez, capitaine…

-Un regrettable accident mon colonel, je n’y suis pour rien…

-C’est ça, oui… Mais bordel, y’a un lien avec les chevaux de… Je sais plus comment, l’éleveur, là?

-Douchbeck, Robert et Marie Noëlle. Ils avaient sympathisé avec elle, elle est un poil nympho, ils lui ont fait essayer des trucs… et ils lui sont un peu tous passés dessus…

Il a l’oeil égrillard d’un coup mon colonel, je sens que je l’intéresse, je continue.

-Un soir ils s’en sont servis comme cobaye, le mari était absent, ils lui ont fait avaler un buvard de leur machin, mal dosé… Elle a fait un “very bad trip” comme ils disent, et c’est elle, de fureur, qui a massacré les chevaux de son mari, par jalousie, par vengeance aussi, parce qu’elle se savait trompée…

-Apparemment elle ne se gênait pourtant pas, de son côté?…

-Elle n’a commencé à le cocufier que lorsqu’elle a su qu’il la trompait, classique… Et puis elle y a pris goût…

On se regarde, la vieille ganache et moi… Je sais bien qu’il adorerait que je lui raconte des choses…

-Et juste comme ça, vous savez avec qui il couche, lui?

-Je n’ai pas enquêté de ce côté là, mon colonel.

-Parce que moi j’ai entendu dire qu’il aimait les très jeunes filles, et surtout les indigènes…

-Autochtones, mon colonel…

-Ne me prenez pas pour un con, Maurice, faites ce que vous avez à faire, mais ne vous faites pas choper. Ça doit être une merveille au lit, la petite Maria Magdalena Dikombouari, non?

Je l’ai vu jeter un coup d’oeil furtif à une fiche sur la table où on est assis, au bord de la piscine.

Vieil enfoiré, va… Ça me rappelle un truc de Kipling, avec un serpent et une mangouste, il sait que je sais qu’il sait, mais est-ce qu’il sait que je sais qu’il sait que je sais qu’il sait?

-Au revoir mon colonel.

Pour quitter la baraque du colon, à Ouémo, il me faut traverser le salon, et là je croise, enfin si je puis dire, la colonelle.

Ou plutôt je tombe nez à nez, si je puis dire encore, avec…

Oh, putain de moine! Un cul magnifique, un arrière train à se damner. Dans une robe de soirée blanche fendue sur le côté qui lui arrive aux chevilles, elle est debout, me tournant le dos, elle est complètement penchée en avant, en train de lustrer les feuilles d’une plante d’appartement… M’offrant le spectacle d’un fessier, mes aïeux, à tomber par terre…
Comme je me suis arrêté et que je la contemple, elle semble enfin s’apercevoir de ma présence, elle se redresse gracieusement en se tournant vers moi.

-Vous aimer ce que vous voir?

Rrrâââhhh, rien que son accent me fout la gaule… Elle s’approche de moi, mais elle est belle, belle à tomber raide par terre, comme ça.

-Vous travailler pour mon mari, c’est ça? Alors moi votre patronne, hein? Si moi dire à vous de m’embrasser vous faire?

Vous feriez quoi, à ma place, vous?

Quelques instants plus tard, après m’avoir roulé une galoche d’anthologie, elle est en train de s’activer les glandes salivaires sur mon pilum, et moi je suis en train de me dire que je le lui mettrais bien dans son rectum, mon pilum, alors je fais mine de la redresser, et là elle me fait:

-Non, non…

Attrapant sa robe par le bas, la poitrine déjà à l’air, elle entreprend de la retrousser jusqu’à son nombril, et là…

-Toi pas aimer ça…

Me dit-elle, en découvrant une ravissante petite bistouquette toute brune, avec son petit prépuce tout flétri au bout, accompagné d’une toute mignonne petite paire de calots tout bruns, le tout parfaitement épilé, totalement lisse, imberbe…

Wéénééyossi!! C’est pas la première fois que ça m’arrive, mais ça fait toujours un drôle d’effet…

Alors qu’elle fait mine de me re-emboucher le sguègue, je l’arrête gentiment.

-Non, tu as raison, j’aime pas trop, non…

Et comme elle (ou il) s’est relevé(e), je lui fais un petit bisou sur le coin de la bouche, accompagné d’une caresse sur la joue.

-Non, j’aime pas, mais c’est pas grave. Au revoir…

-Dommage…

Merde alors, le colonel s’enfile des lady boys, il en a même épousé un, mais où va le monde? Hein, je vous demande ?

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Retrouvez Les aventures de Momo le chibré :
Chap.I – Chap.II – Chap.III – Chap.IV – Chap.V
Chap.VI –  Chap.VII – Chap.VIII – Chap.IX
Chap.X – Chap.XI – Chap.XII – Chap.XIII

Ecrit par : G. (13 Posts)


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fois. Thankiou bien !

3 Commentaires

  1. BoSS U dit :

    J’étais persuadé l’avoir mis en ligne pour hier 17h14
    Je ne comprends pas d’où vient le raté…
    Ami auteur pardonne moi
    Amis lecteurs voici enfin l’épisode hebdomadaire des “aventures de Momo le chibré” que, si vous êtes comme moi, vous attendiez impatiemment.

  2. BoSS U dit :

    La fin est particulièrement cocasse

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