Le vendredi c’est “Les aventures de Momo le chibré”. (épisode 5)

Il est 17h14, nous sommes vendredi. Alors ? Et oui, c’est bien le moment de retrouver un nouvel épisode de notre feuilleton hebdomadaire : Momo le chibré.

Vous avez loupé le début ?

Les aventures de Momo le chibré. (feuilleton, 1), Les aventures de Momo le chibré (la suite. 2), Les aventures de Momo le chibré. (3, la suite de la suite), Les aventures de Momo le chibré (4, la suite de la dernière fois).

Deux heures que je suis là, dans la flotte…

C’est Fili qui m’a largué en Zodiac, à trois heures du matin, derrière la passe, dans le grand bleu.

Faut que je nage un peu, pour éviter que les grosses vagues ne m’emmènent me crasher sur le grand récif, pas envie de finir en bouffe pour les langoustes…

Il viendra me chercher tout à l’heure, Fili, comme convenu, j’ai ma balise, c’est beau la technologie.

Ça fait une petite quinzaine que je planque dans le coin, le soir je ramène Nana à la tribu, après le boulot et un stop over par ma chambrette.

“Domino mino, domino minette…” Je chantonne dans la flotte, pour tuer le temps. Attendre, le temps qu’on peut passer à attendre, parfois.

Ensuite je chouffe la pampa… ici, là, de temps en temps je dors un peu, un quart d’heure par ci, vingt minutes par là…

L’autre matin j’ai repéré un gros break japonais qui descendait vers la mer, par une des routes privées qui traversent les propriétés, le genre de chemin que pour le faire il te faut douze clés et huit autorisations.

Pas des surfeurs, pas des campeurs non plus, ils ne s’attardent pas, donc ils viennent chercher quelque chose.

Mais quoi?

J’ai appelé le colonel sur un de mes trois téléphones neufs -jamais servi, carte Liberté, achetés par des anonymes dans trois magasins différents- Je lui ai fait un topo rapide, et puis j’ai appelé Fili.

Je l’ai connu au REP, Fili, il s’est un peu empâté depuis, mais je me souviens du guerrier magnifique qu’il était, un mètre quatre vingt dix huit, cent dix kilos de muscles, comment qu’il en chiait sur le pc, le parcours du combattant, et à escalader la crête au dessus du camp, rangers, sac à dos chargé, plus la pierre de vingt kilos que l’adjudant fait rajouter en punition… Trop lourd, mon Fili, pour courir dans la nature vaut mieux être un chat maigre…

Mais quand en opé il faut avoiner, avoir un mec comme ça dans sa section, c’est que du bonheur…

J’évite de rester trop longtemps sans bouger, histoire de pas susciter la convoitise d’un Jean-Louis de passage, à l’extérieur des passes comme ça y’en a de gros parfois, tigres, grands blancs même, il paraît.

Surtout qu’il a pas mal plu la semaine dernière, il y a toujours un bétail noyé, un chien, ou un chat emporté par la crue à grignoter pour des bestiaux comme ça, pas envie qu’ils me confondent…

04:32 La marée est étale, dans quelques minutes elle va commencer à remonter, si j’ai raison je vais le savoir bientôt. Au loin j’entends le hors-bord des surfeurs qui arrive, pour être là quand arriveront les plus belles vagues. Il n’est vraiment plus très loin, autrement son bruit serait couvert par le grondement du récif.

Jumelles ELI, rien qu’avec la lumière des étoiles j’y vois comme en plein jour, tout en vert, mais très distinctement quand même. Un voilier au loin, trois nautiques environ.

Bingo. Je vois un mec qui balance des bidons à la flotte, trois, avec la houle, dans moins d’une heure ils seront sur le récif.

Je m’éloigne, mettre un peu de distance entre les surfeurs et moi, Fili vient me chercher dans une heure, inutile d’attirer l’attention.

Tout est à peu près calme en ce moment dans le secteur, y’a pas eu d’autres chevaux abattus, Robert fait la chasse aux braconniers la nuit, mais jusqu’ici tout va bien.

Il est passé me voir au bar de l’hôtel l’autre soir, l’air de rien. Je traînais là en attendant que Nana en ait fini avec les derniers pète-couilles, il rentrait de Nouméa, où il venait de regarder pour une moto, comme il a dit, pour pouvoir mieux patrouiller sur ses terres.

Il aime bien la mienne, quoiqu’il la trouve un peu haute pour lui, je lui ai conseillé de s’acheter un petit trail japonais, un deux-cinquante, pour ce qu’il veut faire c’est bien suffisant, et puis j’ai pas vraiment l’impression qu’il soit le fils spirituel d’André Malherbe…

La mienne… Mon bébé… j’ai mis une Öhlins à l’avant, et du Kayaba à l’arrière, spécial Baja California, le moulbif je l’ai fait préparer à Ensenada chez un sorcier du gromono, il l’a passé de six cent quarante à huit-cent quatre vingt centimètres cubes, fait fabriquer un culasse spéciale par ses potes de chez S&S, avec un arbre à cames fait pour moi, le carbu aussi, il vient de chez S&S.

J’ai monté un démarreur de Ford Bronco, et un pote que j’ai gardé à Dieuze m’a fait fabriquer une petite batterie au nickel-cadmium de quatre vingt ampères. Avec 14:1 de compression, pour démarrer le machin faut bien ça…

J’ai “emmené promener” Nana l’autre après midi, pendant la coupure. J’ai roulé doucement pour pas qu’elle ait peur, au bout de quelques kilomètres je l’ai sentie qui se détendait, j’ai pris sa main gauche qui m’enserrait encore la taille, et je l’ai posée sur ma cuisse.

Quand je me suis arrêté dans la petite forêt de gaïacs, ça faisait de longs instants délicieux déjà qu’elle me caressait l’engin à travers le jean’s.

On a fait l’amour sous la ramure d’un de ces beaux acacias qu’on ne trouve que par chez nous, un doux matelas de feuilles sous ses petites fesses musclées, ses épaules de joueuse de cricket, un peu de fraîcheur humide bien agréable à nos corps en feu.

Quand j’ai joui en elle en dévorant sa bouche elle s’est mise à pleurer, j’ai pas compris.

Dans ma combar le sel de l’eau sur les plaies qu’elle ma fait dans le dos avec ses ongles, ça pique.

Je suis là, j’attends…

(A vendredi prochain, si je suis pas mort ou en prison.)

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Retrouvez Les aventures de Momo le chibré :
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Chap.X – Chap.XI – Chap.XII – Chap.XIII

Ecrit par : G. (13 Posts)


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fois. Thankiou bien !

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