« Il est toujours stimulant de sortir de sa solitude créative »

suite de l’article de Fany Torre sur “Parole et Musique”

Catherine Laurent et Stéphane Fernandez, deux participants à « Paroles & Musiques » particulièrement engagés et prolifiques, exposent leurs points de vue respectifs d’écrivaine et de musicien compositeur.

Les Infos : À quels besoins cette initiative répond-elle ?

Catherine Laurent : Au besoin de se rencontrer et d’échanger, de mélanger les genres et de se laisser surprendre par des convergences d’idées et de sensibilité.  Les musiciens peuvent apporter aux écrivains ouverture et dynamisme, les écrivains offrent leurs mots et leur inspiration. J’ai eu un coup de cœur pour la musique de Sacha, j’ai senti que nos univers pouvaient communier… ce qui a été le cas ! J’ai découvert une personne magnifique, créative, ouverte et très sympathique. Il n’a pas hésité à travailler avec quelqu’un de différent, plus âgé et extérieur à ses repaires. J’ai trouvé ça plein de promesses, pour nous, mais aussi pour la Calédonie, où il y a tant de clivages.

Stéphane Fernandez : Nous pratiquons la musique en circuit fermé, centrés sur nos propres projets, mais nous pouvons apprendre à davantage travailler avec les autres. Je crois sincèrement que chaque chanson est un chantier distinct. Et, avec ce genre de rencontres, on peut prendre de nouvelles habitudes aussi innovantes que surprenantes.

En quoi l’implication de Patrice Guirao a-t-elle enrichi ce projet ?

CL : C’est un véritable professionnel qui venait nous offrir son temps, sa gentillesse, mais aussi son sens critique. Il a su se mettre à notre portée et jeter sur nous un regard plein de bienveillance. Il m’a fait boucler une boucle : lorsque je travaillais à RFO Saint-Pierre et Miquelon, je remplissais les déclarations de droits d’auteur. Son nom revenait souvent et je chantonnais ses morceaux qui passaient à l’antenne. Je connais presque tous ses titres et comprenais bien ce qu’il tentait de nous communiquer… même si nous avons eu parfois du mal à l’appliquer !

SF : Par le parfait dosage de ses mots et l’expression de sa réflexion. Je commence à comprendre qu’il est important de s’exprimer avec précision, pour ne pas laisser d’ambiguïté sur notre façon de penser. Il nous a donné des avis toujours lucides, sans détour, ce qui est essentiel pour bien comprendre et ne pas perdre de temps.

Ces ateliers vous ont-ils été profitables ?

CL : C’est certain, car il est toujours stimulant de sortir de sa solitude créative, d’échanger et d’écouter ce que les autres ressentent.  Ces moments de partage provoqués sont une opportunité pour élargir son univers et prendre du recul sur soi. J’ai réalisé qu’un de mes défauts en écriture était de vouloir trop dire, tout dire… dans un seul texte !

SF : Oui, en espérant de nouvelles éditions, récurrentes, des résidences d’artistes croisées impliquant aussi les arts plastiques. Peut-être pourrons-nous bientôt proposer des spectacles contenant des musiques, des chansons, des performances (peinture, sculpture, vidéo, danse)… dans un seul projet !

Des suggestions d’amélioration ?

CL : C’était un projet pilote et, comme tous les essais, il n’était pas parfait. Mais il avait le mérite d’exister ! C’est aux artistes, aussi, de mieux savoir saisir ce genre d’opportunités.

SF : Il devrait concerner plus de gens et se baser sur des binômes car il devient difficile de créer dès que l’on est plus de deux. Et que tous les arts et cultures se sentent motivés par la rencontre, c’est mon souhait le plus profond, pour avancer, se libérer… et faire reculer la connerie humaine.

Un souvenir qui vous a marqué ?

 

CL : Lors de la création de la chanson commune « Paroles donneurs », se rendre compte comme il est difficile d’écrire à plusieurs : quelle parole est la plus forte, qui impulse, qui donne le ton, le thème, qui accepte de renoncer et à quoi ? Et enfin, le mariage entre les notes et les mots et toutes ces têtes en ébullition dans le but de « rendre une belle copie » ! C’était vraiment sympathique.

 

SF : Quand nous avons commencé le morceau collectif et que les paroles évoluaient à toute allure, j’écrivais la musique sur mon ordinateur et Sacha testait les mélodies en direct… On changeait tout, on réécrivait, on refondait… Et c’était bon !

 

Propos recueillis par Fany Torre

AvatarEcrit par : BoSS U (2349 Posts)

Membre fondateur du site. Souvent appelé par ses nombreux admirateurs, l'Administrateur Suprême, il accepte volontiers le diminutif de BoSS, si c'est dit avec respect et un peu de trémolo. Vous pouvez le contacter par mail (bossu@lecriducagou.nc) en cliquant sur l'enveloppe ci-dessous


Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.