Ensemble assumons notre histoire commune

Discours d’ouverture de la journée de la citoyenneté le 24 septembre 2011 à Pwixée, Balade, Puévo par Déwé Gorodey.

 

Déwé Gorodey Nouvelle-Calédonie 24 septembre kanak kanaky Palika

Messieurs les grands Chefs et les notables de la grande chefferie Téâ Vuuma,

Monsieur le représentant de l’Etat,

Messieurs les Députés,

Messieurs les Présidents du gouvernement, du Congrès, du Sénat Coutumier, des 3 Provinces et des Conseils d’aires,

Messieurs les Maires,

Messieurs les coutumiers,

Mesdames, Messieurs,

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« Nous débarquâmes sur une plage de sable devant un grand nombre de gens, qui s’étaient rassemblés sans autre intention que de nous voir, car la plupart d’entre eux n’avaient pas même un bâton en main, aussi fûmes-nous reçus avec une grande courtoisie, et avec cette surprise naturelle de la part de gens qui voient des hommes et des choses nouvelles pour eux que nous pouvions l’être ».

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« Le terrain près de ce village était soigneusement cultivé : on y voyait des plantations de cannes à sucre, de bananiers, d’ignames et autres tubercules ; il était irrigué par des petits canaux dirigés avec art en partant de la rivière, dont la source était dans les collines ».

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« D’une pirogue de pêche qu’ils rencontrèrent alors qu’elle revenait des récifs, ils obtinrent autant de poissons qu’ils purent en manger ; et ils furent reçus par Ti Bi, le chef de l’île de Balabio et son peuple qui vint en grand nombre pour les voir et les reçus avec une grande courtoisie. Afin de ne pas être trop pressés par la foule, nos gens tracèrent une ligne sur le sol, et firent comprendre qu’on ne devait pas la dépasser. Cette restriction fut observée ; et un indigène, peu après, la tourna à son avantage. Il avait quelques noix de coco, que l’un des nôtres voulait lui acheter et qu’il ne voulait pas vendre ; alors il se retira, mais fut suivi par celui qui les désirait. Voyant cela, il s’assit sur le sable, traça un cercle autour de lui, comme il l’avait vu faire par nos gens, et fit signe à l’autre de ne pas la franchir ; ce qui fut effectivement respecté. Comme cette histoire est bien attestée, je n’ai pas trouvé indigne qu’elle trouvât place dans ce journal. »

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« Ils ressemblent, quant au tempérament, aux indigènes des Iles des Amis ; mais ils les surpassent en affabilité et en honnêteté. »

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« Les femmes de ce pays, ainsi que celles de Tanna, sont, pour autant que j’ai pu en juger, beaucoup plus chastes que celles des îles orientales. Je n’ai jamais entendu dire que l’un de nos gens ait obtenu la moindre faveur de l’une d’elles ».

Extraits du Journal du Capitaine COOK – septembre 1774.

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Ce sera d’Entrecasteaux, à la recherche de La Pérouse, arrivé sur ces mêmes lieux, en mai 1793 dans d’autres conditions, qui utilisera le terme de « Sauvage » avec un grand S et tout le champ lexical à caractère péjoratif que nous connaissons bien. Et ainsi, près d’un siècle plus tard, pour les besoins du bagne, comme l’indique la première phrase du Préambule de l’Accord de Nouméa, « Lorsque la France prend possession de la Grande-Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. »

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C’est pourquoi le même préambule, en son troisième alinéa du point 4 stipule qu’ « Il est aujourd’hui nécessaire de poser les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun ».

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Je cite tout ceci pour nous rappeler que si aujourd’hui, nous devons ensemble, assumer notre histoire commune nous devons aussi continuer à construire la citoyenneté de notre pays, au-delà de toute contingence quelle qu’elle soit ! « Soyons unis, devenons frères » comme chante notre hymne dans cette « Terre de parole, terre de partage » de notre devise !

Car être citoyen, c’est assumer ses droits et ses devoirs envers ses concitoyens et envers son pays dans une relation humaine d’égal à égal, en vue d’une société juste, fraternelle et solidaire.

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Je termine en vous remerciant toutes et tous d’être là aujourd’hui pour assumer ensemble notre histoire commune.

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Un grand merci enfin à la grande chefferie Téâ Vuuma, au conseil d’aire Hoot Mâ Whaap, à la commune de Puévo, à Duban Kabé, à l’Etat, à la Province Nord et au comité de la Citoyenneté qui nous accompagne pour cette Journée depuis longtemps, à tous les organisateurs des espaces de rencontre, de partage et de débats de Pwârâiriwâ, de Nessaju – Burai, de La Foa, de Dumbéa, de Iaai – Uvéa, du Centre Culturel Tjibaou, du Musée de Nouméa et de la Place du Mwâka où se clôturera notre semaine consacrée à la citoyenneté, samedi prochain, le 1er octobre 2011.

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Déwé Gorodey

Membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie 

en charge de l’animation et du contrôle des secteurs 

Citoyenneté, Culture et Condition Féminine.

AvatarEcrit par : BoSS U (2349 Posts)

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