Mes ancêtres les gaulois…

 

 

Je vivais il y’a 200 ans encore ma vie d’océanienne, une vie plus ou moins normale, sans choc diplomatique majeur. Seulement les aléas de la vie, je peux dire que j’étais heureuse. Ma famille, mes amis(es). Rien de plus normal. Le jour était rythmé par nos gestes répétitifs, nos normes sacralisées par des habitudes séculaires.

 

La vie de mes parents, de mes grands-parents et ceux d’avant nous, nous on été retransmis à la maison. J’ai pris ma place dans notre monde avec douceur…je suis moi et je suis eux. La fusion est totale. Que demander de plus à cette vie que de trouver sa place dans la hiérarchie. Mes parents sont fiers de moi comme je le suis d’eux. Mes dieux nous ont bénis de ses fruits. Rien ne déroge au tableau…

 

Je me vois encore rire d’être la reine du monde sur mon tas de sable…petite mais si importante à la fois. Je me sens forte et indomptable. Rien ne pourra jamais m’enlever mon rire franc et vrai. Le vent joue avec mes cheveux et le ciel rivalise avec mes yeux pétillant. Tout dans ma respiration, ma langue, mon histoire palpite derrière moi, en moi et devant moi. Je suis dans un cocon de soie mais ouvert à la vibration du monde à la fois. Je n’oublie jamais de remercier mes dieux de ces merveilleuses choses…

 

Que mes parents, mes frères et sœurs, mes amis(es), mon monde continue à vivre cette normalité qui est la notre. Que jamais la souffrance à part le jour du grand départ ne soit connu…Je les aime tant et ils me le rendent bien… Je les protège de mon amour, de mon courage et de mes rires.

 

La vie est douce… comme un conte de toujours. Les siècles ne semblent pas avoir apporté dans nos bagages la lourdeur, la peur et la peine…Nous avons été épargnés de tous cela. Mon cœur s’éveille aux couleurs vermeilles d’un soleil naissant… toujours plus beau, plus grand, plus doux et chaud.

 

C’est l’eau de l’évidence que je bois à la source… jusqu’à la fin des temps… J’en suis sûr maintenant. Mon ile, je te porte comme un drapeau dans mon sang et sur ma peau. Je croque cette friandise qu’est ma vie comme une douce bénédiction fondante et inépuisable. Ma langue a le goût de sa saveur sucrée du lever au coucher du soleil… depuis mon enfance et d’aussi loin que je me rappelle. Ma vie fut toujours un bonbon au coco…

 

Je mords dans une mangue, sa chair savoureuse et gorgée de soleil explose de milles saveurs dans ma bouche, j’attrape un bout de poisson fumant et brulant mes yeux de son odeur appétissante. Le gout de la patate fond comme un fruit trop mûr au soleil. Je n’en peux plus de ce bain de bonheur. Pendant que je mange, l’odeur de la tiaré emplis ma vie pendant que je respire l’âme de la terre… Je frissonne de ce plaisir si savoureux. Je l’ai fait des milliers de fois mais à chaque fois c’est toujours une première fois… toujours nouveau, toujours plus beau comme ce soleil qui se couche à l’horizon…Ma vie s’appelle BONHEUR. Non, ce n’est pas encore assez, appelle moi Bonheur, c’est mieux, c’est moi… appelle moi liberté…

 

Ce soleil qui se couche comme des milliers de fois ressemble à une perle dans un écrin de souvenirs. Ce soleil a vu naitre et mourir mes ancêtres. Ce soleil est un ancêtre qui va mourir et renaitre demain. Je l’attendrais comme à mon habitude, me poser sur la peau, son baiser du matin. Demain est un bonheur…Demain a le goût de la liberté… Demain est à mes pieds…

 

Ce vent salée sur ma bouche est la promesse d’une journée mémorable…La mer si belle annonce la couleur aujourd’hui…J’aime tout les temps d’ailleurs. C’est comme un panier de fruits…ils ont tous un gout différent mais ils sont tous aussi bon les uns que les autres…sourires.

 

L’océan est si doux, comme une vérité posée sur le monde. A l’horizon…un point noir attire mon attention, quelque chose flotte dans le lointain… Je ne pourrais y mettre un mot…un doute s’immisce en moi comme un sentiment inconnu, je ne connais pas. Je cours avertir les autres… qui accourent voir le spectacle…mon dieu comme c’est étrange !

 

Mes ancêtres, l’océan et le soleil ne font qu’un… Ce dernier jour « normal » palpite encore dans mon cœur…si j’avais su…oui…si j’avais su que ce fut le dernier de ma vie de femme libre… Je me sens bizarre. Je ne pensais pas que nous pouvions vivre autrement cette vie terrestre. C’est là que tout commence ou plutôt…où tout s’arrête…Mes dieux aidez moi…

 

 

Le bagne ne fait que commencer… à suivre

Ecrit par : Reiva Mateau (4 Posts)


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fois. Thankiou bien !

22 Commentaires

  1. miss gouillette dit :

    J’aime beaucoup et j’attends la suite. Toutefois, me choque un chouillat cette abréviation de première en “1ere” au sein d’un texte si bien écrit.

  2. BoSS U dit :

    Superbe premier texte sur le Cri Du Cagou pour ce nouvel auteur.
    Bienvenue à toi Reiva…
    Au plaisir de te lire plus souvent encore.
    J’aime la portée mythologique du texte…
    Je suis d’accord avec MissGouillette sur le l’abréviation et me propose de la corriger dès que tu m’en donnes l’autorisation.

  3. Reiva Mateau dit :

    Merci et nous verrons à éviter les 1 ou 2 et les définir littérairement parlant… 😉

  4. Reiva Mateau dit :

    Boss U je te donne toutes les autorisations que tu veux…lol 😆

  5. BoSS U dit :

    J’ai corrigé…

  6. Reiva Mateau dit :

    Merci Boss U…tes compliments me touchent et bien sûr c’est avec plaisir que je continuerai à vous faire partager ce monde qui est le mien…Il faut dire que j’aime ces endroits où je vais souvent me cacher pour oublier le temps d’un soupir combien ma culture va mal et perd ces repères..Ma jeunesse qui perd le moral…l’envie d’avancer dans les préceptes ancestrales.En tout cas…Bonne lecture…et à très bientôt

    Reiva Mateau

  7. Reiva, tu sais tout le bien que je pense de ce texte. Mais d’en la mesure où je suis atteint d’une indéfectible vénalité, je te propose de négocier des compliments publics. On en parle au kava ? :mrgreen:

  8. Oh, pinaise. Faut-il que je sois fatigué ou troublé pour écrire “d’en la mesure où”! Un petit moment de honte personnelle. 😉

  9. Rodann dit :

    Oui… Tu ne pouvais qu’écrire aussi. 🙂

  10. Reiva Mateau dit :

    @ Kal’hédoniste : Nous allons peut être pas aller au kava a chaque fois que tu souhaites discuter ou pire négocier ? Toi qui vénère tellement les mots…As tu besoin d’une lumière pour voir un lampadaire ? Pas que je me prenne pour une flèche bleue mais quand même ! Je suis une femme…mais pas sans intuition… 😛 Mais tu m’as l’air bien sûr de toi mon ami ! “Dans la mesure où” je n’y vais plus souvent aujourd’hui…Il faut bien que jeunesse se passe E…. 😆

  11. Reiva Mateau dit :

    Vénalité…de ta part, je le conçois mais indéfectible…J’oubliais…Je suis la petite fille de la mère Inflexible… 😉

  12. BoSS U dit :

    2ème place du top 5 des articles les plus lus du mois de juillet 2011

  13. Reiva Mateau dit :

    Je vous remercie beaucoup pour cette délicate attention…

  14. siapo dit :

    😆 excellent !!!!!!!!!!!!!

  15. Reiva Mateau dit :

    merci 😎 de 40 on est passé a 66 !!! merci de cette superbe surprise avant noël…et merci du soutien …

  16. Oui, mais ça compte pas. C’est plus le mois de juillet :mrgreen:

  17. Reiva Mateau dit :

    pppppffffff !!!!! 😎

  18. Reiva Mateau dit :

    même :mrgreen: pas mal !!!!

  19. Reiva Matéau dit :

    Le livre est desormais en preparation

  20. Un pur moment de bonheur, un style où l’on peut savourer chaque ligne de toutes les manières ( gustative, littéraire,réaliste mais aussi imaginative…que de mots pour décrire ce passage…). Un grand talent qui pour moi est innée et propre à son auteur. Merci Reiva pour ce pur plaisir de te lire.

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