L’art comme une rencontre intemporelle

Les arts Bougent Henri Gama

Une interview parue dans “Les Arts Bougent” N°11

 

Thierry Rossignol et l’îlot Canard

Les arts bougent LAB Henri Gama Thierry Rossignol îlot Canard

LAB : Vous avez été l’un des tout premiers mécènes de l’art en Nouvelle-Calédonie. Comment vous est venue cette envie ?

 

Ça a commencé en 2000. J’avais un sentiment de vide quand la case a été construite ici à l’ilot canard. Je voulais faire un lieu différent mais beau et petit à petit j’ai eu la chance de rencontrer des artistes qui faisaient des choses qui me plaisaient et qui me ressemblent.

 

Au départ je n’avais qu’une quelconque idée de mécénat. Il est vrai que les rencontres que j’ai pu faire avec Mathieu Venon et d’autres nous ont amené à aller plus loin. C’est plus une relation humaine qui s’est créée qu’une relation purement mécène. Ce sont des moments de vie qui donnent envie de partager.

 

LAB : Votre préoccupation n’est pas le retour sur investissement mais avant tout de créer du lien n’est ce pas ?

C’est plus une envie de créer un endroit où je vais me sentir bien. L’esthétique des lieux je trouve que c’est très important. Ca participe de la rencontre. Sentir l’étonnement des gens me fait du bien.

 

LAB : Ici on retrouve un croisement de cultures tout en étant dans un environnement océanien. Destin commun ou langage universel ?

On retrouve la diversité des modes d’expressions dans un endroit comme celui-ci. Il est interactif, entre les gens qui viennent ici et ceux qui y travaillent. Rencontrer de l’art kanak contemporain sans être obligé d’aller dans un Musée et dans un mélange avec d’autres artistes d’ici, c’est ce qui symbolise l’îlot. On retrouve aussi des gens d’ailleurs, d’Océanie ou d’Europe, visiteurs ou artistes.

A propos de cette réunion de gens de toutes origines, j’ai la sensation qu’ils parlent de la même chose. Ils s’s’engagent dans un même lieu avec des matériaux et des histoires différents, de la pierre, du bois, du métal, du verre. Ici chaque oeuvre à sa place et tout est en équilibre.

 

Ce lieu est beau justement parce qu’il est diversifié et qu’il se porte tout seul. Il est un tout à lui seul.

Souvent dans un coin on fait une rencontre, les oeuvres se mettent à vivre peu à peu et trouvent un jour leur expression, en évolution, sur un chemin naturel. Le rapport au temps est important. Chacun essaie de laisser une empreinte de sa personnalité. Les artistes qui viennent ici sont confrontés à une réalité qui est là, qui a été créée par des gens avant et le challenge est là avant d’être un challenge sur la vente ou sur la négociation d’une oeuvre.

 

LAB : La démarche d’être en lien, de laisser du temps à la rencontre c’est une part de risque non ?

L’îlot canard n’est pas un lieu où l’on achète des oeuvres. Rien ne se réserve ou ne s’envisage à l’avance. Il n’y a pas de budget prévu. Il y a une part d’intemporel et de réflexion et il faut faire avec ce principe.

La rencontre et le lieu sont les seuls moteurs et ça marche. Chacun est payé mais ce n’est pas ce qui motive les choses.

 

 

 

Propos recueillis par Henri Gama

Ecrit par : LABorantins (8 Posts)


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fois. Thankiou bien !

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