Rencontre avec Jimmy Janet (2)

Suite de l’interview publiée dans le journal Les Arts Bougent N°10

——————-

 

LAB Qu’ils soient devant ou derrière la caméra, vous aimez être en proximité avec les autres. Est-ce juste ?

Quand je fais des courts métrages de fiction ou même des reportages, je cherche beaucoup à être avec les autres, quelque soient leurs centres d’intérêts. J’ai travaillé avec des comédiens mais surtout avec des non-comédiens, notamment des écrivains comme Denis Pourawa ou Frédéric Ohlen, des artistes plasticiens, comme Miriam Schwamm, Vladimir Violette, ou Jean-Philippe Tjibaou, ou même des animateurs sociaux-culturels comme les Frères Perrochaud.
Quand je travaille avec ces personnes, je ne viens pas seul. Lorsque tu introduis une caméra dans un contexte, tu perturbes déjà un peu les attitudes. Ça peut fausser le jeu comme rendre certains plus sincères, une fois la caméra mise en route…

 

 

LAB Vous aimez aussi accompagner des projets d’artistes, comme pour l’exposition « Robes missions » au Centre Tjibaou, ou encore votre regard ouvert sur la démarche de Jean-Philippe Tjibaou. Que veut dire cette approche qui semble naturelle ?

Autodidacte venant de la vidéo amateur, et même si j’ai fait quelques études dans ce domaine, je n’adhère pas aux méthodes de travail typiques du milieu audiovisuel. Je garde la ligne de conduite de mes débuts. Ce que j’aime c’est de prendre ma caméra pour aller à la rencontre de personnes avec lesquelles j’ai envie de partager des moments de vie filmée. Certaines de ces personnes sont des artistes, d’autres ne le sont pas, ce qui me permet de ne pas tomber dans une routine, ni de m’enfermer dans un mouvement artistique.

 

LAB Dans le milieu de la vidéo, de l’image en mouvement, il y a aussi des créateurs qui viennent de la photographie. Je pense par exemple à Claude Beaudemoulin. Il me semble que les vidéastes viennent souvent d’horizons très différents ?


En effet, à personnes diverses, horizons divers. Claude Beaudemoulin vient de la photo. D’ailleurs, avec ses derniers courts métrages, il évolue dans une direction qui m’intéresse beaucoup.
Et puis, il y en d’autres. Certains viennent de l’éclairage, comme Samuel Breton, ou des Arts Plastiques, comme Manuella Ginestre. Le passé de ces gens sert leurs films. Et aussi les histoires qu’ils racontent, cela va de soi…

LAB Avez-vous la sensation que le public suit de plus en plus les productions vidéo locales ?

Je dirais que c’est le moyen de diffusion qui s’est développé. Internet joue un rôle prépondérant de ce point de vue là. Le premier public pour les productions vidéos se sont les vidéastes entres eux, ainsi que leurs proches, et seulement après les milieux culturels et leur public averti. Ça s’élargit donc un peu, mais pas vraiment. Je pense que l’on sera reconnus ici quand on sera reconnus ailleurs. Notre voisin Peter Jackson en est un bon exemple. Il est parti à Hollywood et du coup en Nouvelle-Zélande, il est aujourd’hui adulé.
C’est un ilien, comme nous, qui a commencé comme nous, bien que moins « entouré ». Pour ma part, je préfère continuer à travailler la matière que j’aime et toujours gagner de quoi manger ou de voyager en travaillant comme pour « Un Kanak à Paris ».

 

 

LAB Aujourd’hui il y a donc un noyau de professionnels mais est-ce que ça permet des interventions dans le cadre des productions extérieures qui viennent ici ?

Le Bureau d’Accueil des Tournages (BAT – province Sud) gère un fichier avec les personnes compétentes et leurs potentiels. Qu’ils soient comédiens, auteurs ou techniciens, ils sont intégrés aux tournages qui viennent de l’extérieur, principalement de Métropole, mais aussi du Japon, ou de Corée. C’est bien pour nos techniciens locaux qui, auparavant, au sortir du lycée, n’avaient comme seule alternative de s’exiler pour travailler ailleurs.

 

 

LAB Où en êtes-vous de votre chemin, avez-vous envie d’aller dans une direction particulière ?

J’ai simplement envie de continuer mon parcours, ma pratique, ma réflexion car j’ai encore beaucoup de choses à apprendre.

.

.

 

.

.

propos recueillis par Henri Gama

AvatarEcrit par : LABorantins (8 Posts)


Nombre de vues :

690

fois. Thankiou bien !

3 Commentaires

  1. Avatar BoSS U dit :

    ou même des animateurs sociaux-culturels comme les Frères Perrochaud.
    J’adore 😎
    J’adore le “F” majuscule devant “Frères”, ça fait marque de fabrique.
    Merci Jimmy pour la dédicace…
    Même si tu n’as pas cité le Cri du Cagou, je ne t’en veux pas 😈

  2. Avatar rasskass_rouge dit :

    j’aime !!
    😆

  3. Avatar Trapard Creteux dit :

    @BoSS U – Ils sont chiants mais sympa tout de même… 😉

Laisser un commentaire