1er congrès de la jeunesse kanak 3

Suite du Numéro de “Parole” le journal d’information du sénat coutumier sur le 1er congrès de la jeunesse kanak à la tribu de Bangou, Païta, pays Djubea Kapone.

Le discours du président du sénat coutumier.

Synthèse (1ère partie)

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La synthèse (seconde partie)

L’objectif du premier Congrès de la Jeunesse Kanak était de rassembler des jeunes kanak des huit aires coutumières de Nouvelle-Calédonie, de leur donner la parole pour débattre et échanger sur des sujets de préoccupations qui les concernent, et émettre des propositions pour l’amélioration de leur situation.

Mobilité

La mobilité en milieu kanak (déplacement des jeunes en groupes) s’organise en fonction de l’espace, des activités sociales et coutumières que les jeunes ont à remplir du point de vue de leurs rôles communautaires. Cela revêt un caractère et un sens social dans l’équilibre de la société kanak. Cette mobilité des jeunes kanak en groupes au centre ville pose problème et devient suspecte dès lors que leurs regroupements attisent de la crainte. En effet, la suspicion crée l’insécurité et favorise la stigmatisation des jeunes kanak par la police et par la gendarmerie.

L’impact des médias accentue cette stigmatisation de la jeunesse Kanak qui vit en ville. Cela donne une image négative qui s’étend à tous les jeunes kanak du pays. Mais s’est-on posé la question de savoir pourquoi la jeunesse des quartiers se comporte de cette façon-la ? La délinquance est bien le résultat de plusieurs réalités conjuguées qu’il convient d’identifier de manière à éviter de culpabiliser une jeunesse déjà meurtrie par des conditions de vie difficile dû à leur déracinement culturel au sein d’un environnement qui ne prend pas en compte leur identité, leur imaginaire et leurs valeurs sociétales au quotidien.

Délinquance

La délinquance est un phénomène émergeant dans la société kanak et touche plus particulièrement la jeunesse kanak vivant en milieu urbain. Cependant la jeunesse kanak n’accepte pas la généralisation du terme de «délinquant » à leur égard considérant que dans toute société la délinquance existe. Ils attribuent cette assimilation des termes (jeunesse kanak et délinquance) à l’esprit colonial qui perdure dans le pays. Les jeunes kanak réclament l’éradication de ces préjugés qui portent atteinte à leur dignité. Les comportements des jeunes diffèrent selon qu’ils vivent en tribu ou dans les quartiers de la ville car ils ne vivent pas les mêmes réalités qui doivent être traitées différemment selon des approches, des méthodes, des processus et des mécanismes appropriés et intégrés. En tribu, une autre question se pose pour les jeunes : quel est de nos jours le réel pouvoir des autorités coutumières en terme de sécurité des personnes et des biens ?

La police coutumière fonctionne-telle encore ? Quels sont ses pouvoirs, ses droits, ses limites ?

Faut-il lui redonner un sens ? Qui a autorité sur quoi et sur qui ?

Comment doit-on prendre en compte la prévention sur les questions de sécurité en milieu tribal ? Quels sont les dispositifs et les mécanismes traditionnels à renforcer, à maintenir, à écarter ou les nouvelles structures à mettre en place pour traiter toutes ces questions ?

Conseils de jeunes

Par rapport à ces questionnements, les jeunes souhaitent s’impliquer davantage dans les conseils coutumiers d’aires. Ils pensent qu’une place pourrait leur être réservée au sein de ces structures de manière à apporter leur vision et leurs propositions sur toutes questions qui les concernent. Les jumelages entre tribus pour tisser des liens entre les jeunes des différents conseils d’aires et échanger sur leurs expériences seraient utiles.

Il conviendrait aussi de favoriser l’ouverture des maisons de quartiers adaptés aux horaires des jeunes et des parents (17 heures- 19 heures) pour favoriser plus de communication entre les jeunes et entre les générations sur la transmission des valeurs familiales et culturelles.

La construction d’un foyer culturel Kanak en ville permettrait aux jeunes des quartiers de s’approprier les éléments de leur culture pour mieux affirmer leur identité et partager leur culture.

Les jeunes souhaiteraient que le Sénat Coutumier mette à leur disposition des espaces culturels à planter (plantation du taro, de l’igname…) de manière à ce que les savoir-faire traditionnels se perpétuent dans les lieux de vie des jeunes notamment en zone urbanisée.

Selon les jeunes congressistes, la construction de plus de lycées dans les îles et dans le Nord permettrait de fixer les jeunes dans leur environnement et ainsi de leur éviter de se retrouver dans les cités ou dans les squats car l’éloignement de leurs terres et de leurs familles crée les conditions favorables aux dérives qui guettent la jeunesse ainsi que l’échec scolaire.

Mal-être

Parmi les causes possibles du Mal Etre des jeunes kanak, ont été évoqués : le déracinement culturel, le manque de communication avec les parents, la famille, les autorités coutumières, les discriminations, la marginalisation, les échecs scolaires, le stress (au travail), l’environnement (pollution), le chômage, le manque d’information sur les dispositifs de formation et de prévention, les soucis (de famille, problèmes de la vie), drogues, les maladies, les «qu’on dira-t-on» (les regards des autres)…

Ce Mal Etre engendre souvent les comportements à risques suivants : les abus d’alcool, de drogues, le suicide des jeunes qu’il convient de traiter sous l’aspect préventif à adapter aux différents contextes socio-culturels de notre pays.

Le clan ou la famille peuvent être une solution au Mal Etre des jeunes : Même si dans la société actuelle l’individualisme est de plus en plus fort, des lieux d’écoute et de discussions peuvent être mis en place dans nos tribus pour soutenir les jeunes en difficulté. Il est donc essentiel de contribuer à la préservation de bonnes relations intra et inter claniques afin de dissiper ce mal qui ronge les jeunes dans leur capacité à concilier le maintien de leurs traditions et les exigences de la société moderne pour lesquelles ils ne sont pas toujours bien préparés par les familles, l’école et les forces vives de la société. La coutume fait également partie de la solution au Mal-Etre : dans plusieurs cas de figure, la coutume (notamment la demande de pardon) a été proposée comme solution par les jeunes dans le cas où le délit est réparable. Ils ont insisté sur la nécessité de transmettre la connaissance de la coutume au sein de la famille.

Pour les jeunes, une bonne éducation à la maison est la base du Bien Etre. La nécessité de partages culturels entre les jeunes des différentes ethnies est un souhait formulé par les jeunes kanak.

Ces échanges doivent se réaliser dans le respect des valeurs de chaque culture.

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Ecrit par : BoSS U (2299 Posts)

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