Fariba Hachtroudi à la Maison du Livre

Conférence

« Littérature et féminisme »

par

Fariba Hachtroudi

Prix des Droits de  l’Homme (2001)

Jeudi 8 avril 2010, à 18 h 30,

à la

Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie

avec le concours de la Mission aux Affaires culturelles du Haut-Commissariat et de l’ambassade de France à Wellington.

A l’occasion de la venue en Nouvelle-Calédonie de Mme Hachtroudi,

la MLNC et la bibliothèque Bernheim seraient très honorées de vous recevoir

à la Maison Célières pour y rencontrer cette auteure et consœur, le jeudi 8 avril à 18 h 30.

Celle-ci y prononcera une conférence sur le thème “Littérature et Féminisme”.

Une 2e conférence vous sera proposée également à l’UNC (anphi 400),

le lendemain, sur “Le rôle de l’intellectuelle face à l’Histoire”.

Fariba Hachtroudi

Journaliste et écrivaine.

Résidente du Randall Cottage

en Nouvelle-Zélande.

Née à Téhéran en 1951, Fariba Hachtroudi est la fille de Moschen Hachtroudi, éminent mathématicien et défenseur de la démocratie. Étudiante à Paris depuis son adolescence, elle est désorientée par la révolution islamiste iranienne qu’elle vit loin de son pays.

Elle obtient un doctorat d’Art et d’Archéologie à la Sorbonne, tout en regrettant de n’avoir pas pu pratiquer sa passion du terrain : « Monsieur Khomeiny et sa révolution en avaient décidé autrement », dit-elle avec une pointe d’humour noir, et de continuer : « L’écriture s’est imposée à moi, je devais dénoncer ce qui se passait en Iran… »

En 1981, elle part s’installer au Sri Lanka. Elle enseigne à l’université de Colombo. À son retour en France, en 1983, l’ex-archéologue commence une carrière de journaliste. Outre les reportages sociaux et politiques sur l’Iran et la région (1982-1985), Fariba couvre la guerre Iran-Irak pour les médias européens et américains. Ses articles dans la presse lui valent une fatwa de condamnation à mort.

En 1985, elle effectue un voyage clandestin dans son pays qu’elle décrit dans L’Exilée (Payot, 1985), une aventure qui la réconcilie avec sa terre natale, un Iran qu’elle découvre en guerre et aux prises avec la barbarie. Fariba Hachtroudi écrira plusieurs romans et documents pour exorciser cette réalité.

L’Exilée, réédité en 2009 sous le titre Khomeiny Express, est un livre qui raconte en partie ce périple hallucinant. Suite à ce voyage, Fariba Hachtroudi s’engage activement contre la théocratie en militant au sein du Conseil National de la Résistance qu’elle quitte en 2002. La plume est désormais la seule arme de lutte de cette militante des Droits de l’Homme.

En 1995, Fariba Hachtroudi bien plus pessimiste que ceux qui prédisent déjà le renouveau et le changement « en douceur et de l’intérieur », avait décidé de se rapprocher encore plus des siens en agissant hic et nunc, ici et maintenant. Elle crée une association humanitaire dégagée des tensions politiciennes : MoHa (association pour la fondation Mohsen Hachtroudi), qui vient en aide aux réfugiés iraniens.

En mars 2000, le premier roman de Fariba, Iran, les Rives du Sang, est publié au Seuil. Inspiré de la tragédie du décès de sa mère, disparue dans des circonstances mystérieuses en 1991, ce livre relate tout ce qu’un drame national peut avoir de personnel et d’universel. Cet ouvrage a été couronné par le grand prix littéraire des Droits de l’Homme, en octobre 2001.

Bibliographie…

Le Douzième imam est une femme ? (2009)

Dans ce roman Fariba Hachtroudi, retournée en Iran pour en « tâter le pouls», met en scène une situation à la fois surréaliste et désopilante.

Son héroïne et narratrice, Anahita, est une jeune journaliste iranienne qui a l’âge de la Révolution : trente ans. Elle est envoyée en reportage au pèlerinage de Djamkaran : haut lieu de « simagrées d’un autre âge ». L’objet et le sujet de son enquête est le puits de la mosquée censé être l’antre du 12e imam, messie attendu avec ferveur par les Chiites.

Et – ô stupeur  –, la jeune femme découvre qu’au pays de la lapidation et du machisme, le fameux messie est… « une » messie tout particulièrement féministe. Le récit, haut en couleur, drôle et décapant, marie humour et indignation, dérision et coups de gueule.

À mon retour d’Iran (2008)


Ce livre est avant toute chose le témoignage d’une rude confrontation entre l’auteure – une opposante de longue date – et les dirigeants de son pays natal, l’Iran.

Au fil du récit des retrouvailles de l’exilée rebelle avec sa terre, le passé, les amis, la famille et les lieux d’enfance, le lecteur retrouve l’ombre des services secrets iraniens. Le livre traite de la Perse millénaire comme de l’Iran contemporain. De Téhéran à Yazd – une des plus anciennes villes du monde –, Fariba Hachtroudi nous fait rencontrer des aïeules de confession zoroastrienne et la jeunesse iranienne : combative, révoltée, souvent déboussolée. Sa pérégrination est tissée d’observations, d’analyses, d’explications historiques afin de donner au lecteur les clefs d’un pays riche et complexe.

Khomeiny Express (2008)


En 1985, la Révolution iranienne est encore dans sa phase fanatique. Poussée par une nécessité intérieure, Fariba Hachtroudi entreprend un voyage clandestin dans sa patrie.

Pour revoir la terre de ses origines, retrouver la famille, voir et témoigner. Le récit de ce périple se présente comme un cliché pris au bord d’un volcan en éruption. Tout le Moyen-Orient est en effervescence. Entre le Pakistan, d’où elle part, et l’Iran, subsiste une vaste zone de trafic et d’incertitude. Une femme seule ne s’y est sans doute jamais aventurée.

D’emblée, nous voici plongés dans le monde interlope des passeurs et des faussaires, puis dans le silence du désert, la puanteur des salles de garde et des casernes, la grisaille bien connue des institutions totalitaires, avec la terreur sourde qu’elles diffusent…

J’ai épousé Johnny à Notre-Dame-de-Sion (2006)

À quoi pouvaient bien rêver les pensionnaires de Notre-Dame-de-Sion, établissement religieux pour petites bourgeoises BC-BG, dans les années 60 ?

Je pose la question à un groupe de jeunes ados branchées « À Jésus et aux bondieuseries », me répondent-elles, la moue moqueuse… Eh bien, détrompez-vous, elles rêvaient Revolucion – avec l’accent du Che –, libération sexuelle – avec l’accent de Tantine, personnage inénarrarable du livre. Quant à la petite Iranienne de treize ans propulsée dans l’univers des « femmes de Jésus » (les bonnes sœurs) et des révolutionnaires en jupe plissée, elle rêvait d’épouser Johnny Halliday. Elle le fera, après avoir été encadrée dans le plus grand secret par les militantes marxisto-guevaristes du pensionnat…

Un livre hilarant et tendre.

Les Femmes iraniennes, 25 ans d’inquisition islamiste (2004)

Vingt-cinq ans d’histoire contemporaine de l’Iran au féminin. Rien n’a changé, mais la combativité des Iraniens, des Iraniennes et de la jeunesse en particulier contre l’inquisition islamiste a augmenté considérablement. Pour la première fois sont réunis dans un même livre les éléments de l’histoire iranienne jusqu’ici dispersés au gré des publications : cet ouvrage en devient une chronique hallucinante, c’est le récit poignant d’un calvaire, d’une longue souffrance, d’une humiliation sans borne, et aussi – surtout  – d’un combat pour la dignité.

Iran, les Rives du Sang (2000)

Ce roman inspiré de la terrible situation de la femme sous la république islamique, plonge le lecteur dans un univers kafkaïen. Une exilée enquête depuis Paris sur la mort suspecte de sa mère. L’inspecteur Tajik, antihéros et personnage central du livre, reçoit un beau matin un manuscrit de Paris et sa vie bascule malgré lui. Au fil de ses diverses tentatives pour élucider la mort de la vieille dame, il découvre l’univers féminin en partie grâce à la doctoresse Narguesse qui lit les secrets du monde dans l’utérus des femmes…

Fariba Hachtroudi, une exilée iranienne entre douleurs et espoirs.

Journaliste et écrivain, cette Iranienne, qui vit en France depuis des années, crie sa douleur de voir combien son pays a été étouffé par l’obscurantisme religieux.

C’est une femme de caractère, souriante, chaleureuse, à la voix claire. Avec sa large mèche blanche au centre de sa chevelure brune, Fariba Hachtroudi ne passe pas inaperçue. Elle est née il y a près de quarante-neuf ans à Téhéran, vit à Paris depuis l’adolescence et ne peut retourner dans son pays depuis maintenant vingt ans. Journaliste et écrivain, déchirée entre deux cultures, elle a mis du temps à trouver sa place. Elle pensait presque y être arrivée, lorsqu’en 1979, le coup d’État islamiste de Khomeyni a brouillé tous ses repères. Secouée par la honte, la colère, voire la culpabilité à l’égard de son pays, Fariba ne s’est réconciliée avec sa terre natale, qu’en 1985, lors de son voyage clandestin à Téhéran.

“Je suis quelqu’un qui a des convictions, qui souffre et ne veut pas se laisser faire”, dit-elle aujourd’hui. Engagée dans la résistance iranienne, féministe, l’intellectuelle marque son indépendance d’esprit, en animant l’association humanitaire MoHa. Dans son petit appartement parisien, au cachet oriental, autour d’un thé fumant, Fariba nous a raconté sa révolte et sa fureur de vivre d’exilée. Son dernier roman, Iran, les Rives du Sang, rend hommage aux femmes iraniennes d’hier et d’aujourd’hui. Dans un style mordant, l’écrivain nous invite à découvrir un Iran entre ombre et lumière. Dans ce voyage à la fois insolite, réel et imaginaire, on y rencontre notamment une gynécologue qui, à la grande rage des mollahs, “lit les convulsions du monde dans le ventre des femmes”. Ce livre est presque un accouchement. Une “libération”, dit Fariba, qui désormais “rêve d’écrire sur des choses légères”.

« E

n 1979, je terminais mon doctorat d’archéologie à Paris et j’envisageais de rentrer en Iran. Depuis plusieurs mois déjà, mon pays bouillonnait au rythme des journées révolutionnaires. Malgré la répression terrible du régime du schah, c’était fabuleux et plein d’espoir pour l’avenir du peuple iranien. Mais il y a eu l’insurrection par les mollahs. Le coup d’État, la révolution de l’ayatollah Khomeyni quelques jours à peine après son arrivée à Téhéran. En une nuit, l’Iran a basculé dans l’ombre de l’intégrisme. Tétanisée, j’ai assisté, devant mon poste de télévision, à la prise de pouvoir des barbus religieux, qui envahissaient les rues. Quel choc ! Ce jour-là, j’ai pris la réalité de mon pays en pleine gueule. Comment en étions-nous arrivés là ? D’où sortaient tous ces fous furieux ? Que savais-je de mon pays natal ? Plus grand-chose, me semblait-il. J’étais perdue, sans repères, paniquée, anéantie. Culpabilisée aussi d’avoir été tellement protégée des réalités iraniennes.

« Mes parents m’ont élevé dans un esprit laïque. Mon père était scientifique à Téhéran. Sans cesse, il a combattu la dictature du schah tout en se méfiant comme de la peste du courant réactionnaire du clergé. Pour nous permettre d’échapper au contexte social de l’Iran, mes parents nous ont envoyés – mon frère, ma sour et moi – suivre notre scolarité à Paris. À l’époque, cela se faisait beaucoup dans les familles d’intellectuels ou de la bourgeoisie iranienne. Je sortais à peine de l’enfance et la séparation avec mon pays et ma famille a été, pour moi, un déchirement total. Dans le même temps, j’étais consciente d’être privilégiée.

« Mais, au fil des années, et particulièrement lorsque je suis entrée à l’université française, le fossé s’est de plus en plus creusé entre la vie en Iran et la mienne. Tiraillée entre deux cultures, je n’arrivais plus à trouver ma place. Ni en Iran ni en France. Les manifestations de 1978 contre la dictature du schah, m’ont donné envie de rentrer à Téhéran. Mais la révolution islamique a éclaté et, là, j’ai été si dégoûtée que j’y ai renoncé. Complètement paumée, je suis partie à Sri Lanka. Puis, pendant deux ans, j’ai enseigné à Ceylan, à la fac de Colombo. À mon retour en France, en 1983, j’ai commencé à dénoncer les crimes du régime de Khomeiny, en écrivant des articles dans la presse. Mais il fallait que je règle mes problèmes avec mon pays natal. Que je sache, enfin, où j’en étais avec mes racines iraniennes. Pour ça, il fallait que j’aille sur place.

« C

’est ce que j’ai fait en 1985. Mon voyage clandestin, via le désert, m’a plongée dans la réalité de ma terre natale. Là-bas, j’ai découvert la guerre, l’horreur, l’enfer, la terreur, la barbarie. Mon pays était entre les mains des loubards. Les étudiants et les intellectuels m’ont raconté les arrestations, les tortures en prison, les exécutions, les disparitions… Arrêtés pour un rien, les gens pouvaient être condamnés à une amende ou à la peine de mort. Tout dépendait du milicien auquel on avait à faire. On m’a parlé de ces familles qui, pour récupérer le corps de leur enfant tué, devaient payer les balles ” gaspillées ” qui ne serviraient pas à la guerre. Terrorisée, une mère m’a raconté qu’on lui avait envoyé un paquet de biscuits en guise de faire-part du viol de sa fille – un ” mariage ” selon les mollahs – avant son exécution.

« À l’époque, Khomeiny était encore au sommet de sa gloire. La population était scindée en deux : il y avait ceux qui étaient aveuglés par l’intégrisme et ceux qui y résistaient mais en subissaient la terreur. Chacun avait peur de son ombre. Moi la première. J’étais allée là-bas tête haute. Dix jours après mon arrivée à Téhéran, je rasais les murs, ne regardant que le sol avec cette seule envie : partir, fuir ces miliciens dont la menace était omniprésente. Je suis pourtant allée voir ma mère. C’était insensé mais cette visite a été pour moi le symbole de la révolte contre l’obscurantisme de ce régime.

«L

ors de ce voyage clandestin, j’ai compris que j’avais en moi la passion de cette terre. Que j’appartenais à l’Iran et qu’il fallait, dès lors, que je combatte l’intolérable. Je ne pouvais pas en rester simplement à un devoir d’inventaire. Dans ma tête cependant, tout était embrouillé. Après un an et demi de réflexion, même si je tiens à rester indépendante, et malgré mes nombreux points de divergence avec les personnalités ou partis politiques du Conseil national de la résistance, je me suis engagée dans la résistance iranienne. Car je suis entièrement convaincue que la stratégie politique du Conseil est la seule qui pourra éventuellement renverser la dictature théocratique iranienne et ouvrer pour la démocratie.

« Et puis il y a l’écriture. Pour moi, c’est un immense espace de liberté. Après mon voyage clandestin à Téhéran, j’ai pris la plume en pensant à la souffrance de toutes les filles et les femmes d’Iran. Puis ma mère est morte en 1991, dans des conditions terrifiantes. Sa disparition a été une douleur immense. Aujourd’hui encore, j’en fais des cauchemars. Elle refusait de quitter son pays et les raisons de son décès restent inexplicables. Comme elle, beaucoup d’autres mères d’Iran ont subi le même sort. S’agissait-il d’affaires politiques auxquelles on a donné une apparence crapuleuse ? Ont-elles été victimes de la logique d’élimination des intellectuels ? Mon dernier livre m’a permis de me libérer de toutes ces interrogations. Ce roman, je l’ai dédié à ces mères dont les enfants ont servi de chair à canon à l’imam. À toutes celles qui ont vu leurs fils, leurs filles, torturés et exécutés. Aux jeunes filles qui se sont immolées par désespoir. À ces femmes lapidées. À mes compatriotes bahaïes, juives, catholiques et zoroastriennes persécutées…

«J

e ne veux pas entendre parler de vengeance mais j’aurai toujours du mépris pour les assassins de l’Iran. Les médias occidentaux parlent des islamistes modérés et d’une certaine modernisation du pays. Moi, je ne me fais aucune illusion sur le président Khatami. Pendant vingt ans, il a été dans les arcanes du pouvoir khomeyniste. Il a cautionné toutes les horreurs de ce régime. J’attends le jour où il fera son autocritique et où il demandera pardon pour les crimes du khomeynisme. Et puis, il faut le redire : Actuellement, aucune loi n’a changé en Iran. L’âge légal du mariage est toujours de neuf ans lunaires, soit huit ans. Issues de familles pauvres, des tas de petites filles deviennent ainsi des esclaves sexuelles. L’État de droit, dont se réclame Khatami, permet toujours de lapider les adultères et on assassine les intellectuels. Le droit pénal préconise encore de couper la main des voleurs ou de crever les yeux des criminels…

« Aujourd’hui, on assiste à une guerre de pouvoir entre religieux. Tous les derniers événements le prouvent et, à mon sens, cette guéguerre va s’intensifier. Mais la population est exaspérée, et, de toute évidence – grâce aux femmes notamment -, l’Iran est sur la voie du changement. J’ai espoir. Actuellement, je suis condamnée à mort par contumace, mais un jour je rentrerai en Iran. Pas clandestinement cette fois. Par la grande porte. Avec mon identité. Et sans tchador. »

Propos recueillis par France Berlioz Article paru le 8 juin 2000 dans l’Humanité.

Fariba Hachtroudi

sera l’invitée de la Maison du Livre de la Nouvelle Calédonie

du 4 au 10 avril 2010.

Avec le concours de la Mission aux Affaires culturelles                                                                              et de l’ambassade de France à Wellington.


Ecrit par : Trapard Creteux (962 Posts)

Affreux, Sale et Méchant.


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fois. Thankiou bien !

2 Commentaires

  1. grenouilledupacifique dit :

    Les z’hommes

    by Henri Tachan

    Font leur pipi contre les murs,
    Quelquefois mêm’ sur leurs chaussures,
    Pisser debout ça les rassure,
    Les z’hommes,
    Z’ont leur p’tit jet horizontal,
    Leur p’tit siphon, leurs deux baballes,
    Peuv’ jouer a la bataill’ navale,
    Les z’hommes,
    Z’ont leur p’tit sceptre dans leur culotte,
    Leur p’tit périscop’ sous la flotte,
    Z’ont le bâton ou la carotte,
    Les z’hommes,
    Et au nom de ce bout d’bidoche
    Qui leur pendouille sous la brioche,
    Ils font des guerres, ils font des mioches,
    Les z’hommes…

    Ils se racontent leurs conquêtes,
    Leurs péripéties de braguette,
    Dans des gros rir’ à la buvette,
    Les z’hommes,
    Ils se racontent leur guéguerre,
    Leurs nostalgies de militaires,
    Une lalarme à la paupière,
    Les z’hommes,
    Virilité en bandoulière,
    Orgueil roulé en band’ moll’tières,
    Agressivité en œillères,
    Les z’hommes,
    Ils te traiteront de pédé,
    De gonzesse et de dégonflé,
    A moins qu’tu n’sort’ dehors si t’es
    Un homme…

    Z’aiment les femmes comme des fous,
    C’est si pervers et c’est si doux,
    “Enfin quoi ! c’est pas comm’ nous,
    Les z’hommes”.

    Z’aiment les femmes à la folie,
    Passives, muett’ et jolies
    De préférence dans le lit,
    Des z’hommes,
    Au baby-room ou au boudoir,
    A la tortore ou au trottoir,
    Z’aiment les femmes sans espoir,
    Les z’hommes,
    Prostituées ou Pénélopes,
    Apprivoisées ou antilopes,
    “Toutes les femm’ sont des salopes”
    Pour les z’hommes…

    C’est en quatre vingt treiz’, je crois
    Qu’ils ont tué la femme du roi
    Et la déclaration des Droits
    De l’Homme,
    C’est depuis deux mille ans, je pense,
    Qu’ils décapitent en silence
    Les femmes d’ailleurs et de France,
    Les z’hommes,
    Z’ont abattu les Thibétaines,
    Z’ont fricassé les Africaines,
    Z’ont indigné les Indiennes,
    Les z’hommes,
    Z’ont mis le voile aux Algériennes,
    La chasteté aux châtelaines
    Et le tablier à Mémène,
    Les z’hommes…

    Excusez-moi, mais ell’ me gratte,
    Ma pauvre peau de phallocrate,
    Dans la région de la prostate
    Des z’hommes,
    Excusez-moi, mais je me tire,
    Sans un regret, sans un soupir,
    De votre maffia, votre empire
    Des z’hommes,
    A chacun sa révolution,
    Aurais-je seul’ment des compagnons
    Qui partagent l’indignation
    D’un homme ?

    http://www.youtube.com/watch?v=OZIvrvl8gRo

  2. La Tortue dit :

    J’aime bien ce comment-taire, j’ai souris à de nombreuses reprises !

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