Cinéma et vidéo en Kalenaky et dans le Pacifique.

Bref historique du film sur pellicule et de la vidéo en Nouvelle Calédonie

Bien qu’isolée dans le Pacifique, mais bien entourée, la Nouvelle Calédonie, n’a jamais été en reste avec le cinématographe. Celui-ci, né à Lyon en 1895, les premières projections du Cinématographe à Nouméa ont eu lieues en 1897 par Messieurs Plane & Boivin.

Dès les années 1930 des films de souvenirs ont été tournés, en super-8, sur le territoire, bien qu’encore muettes. La plupart de ces bandes sont archivées par les Archives de Nouvelle Calédonie ou encore par le Centre culturel Tjibaou via l’ADCK.

Dès les années 1950, Paul K. Dupré, aborde la fiction, sur le schéma hollywoodien, d’abord en super-8, puis en 16 mm, et ses long-métrages seront même diffusés en salles.

Paul K. Dupré

Paul K. Dupré

 

C’est au début des années 1980, que les caméras VHS se répandront sur le marché calédonien, (ainsi que les formats Betamax et Betacam), pour les professionnels de l’image, jusqu’à la petite Hi-8, dans les années 1990.

Avant l’arrivée de nos PC et Maccintosh et du numérique, la réalisation d’un film devait obligatoirement se faire par le biais de matériel professionnel et était donc assez onéreux, avec obligatoirement utilisation d’un ban de montage et d’un mélangeur.

Parallèlement, des formations à l’audio-visuel pour les lycéens, existent depuis 1988 à Nouméa, par le biais du cursus A3, devenu Bac L option cinéma vers 1996, au lycée Lapérouse. Mais ces jeunes devaient souvent quitter le Territoire pour continuer dans cette voie, production locale limitée obligeait.

C’est aussi, au début des années 1990, dans la logique des Accords de Matignon (et de Mélanesia 2000), que l’ADCK a organisé des résidences avec les Ateliers Varan, pour assurer une production locale de documentaires et de réalisateurs dont Désiré Mérempon (de l’association Poadane) et Elie Peu, en sont les dignes représentants.

Parallèlement, Gilles Dagneau a tourné jusqu’à aujourd’hui, une poignée de bons documentaires (« le gendarme Citron », « Tjibaou, le pardon »…) et de moyens métrages de fiction de qualité (« Tiâno, la parole déchirée »).

La vie du gendarme Citron a été adaptée dans un documentaire par Gilles Dagneau.

 

L’agence Neo Prod s’est, aussi, récemment lancée dans la production de documentaires très soignés (« Feu nos pères »).

Le rapide essor de la production vidéo en Calédonie…

Le numérique et sa rapide évolution, ont permis aux consommateurs, de voir baisser les prix des caméras mini-DV, et DV-Cam, et de multiples logiciels de montage et ainsi, accéder à une certaine démocratisation de l’image. Il en est de même pour la photographie et les métiers du son. Reste le problème de la trop rapide évolution du numérique, et de la course aux achats, que cela entraîne, constamment, chez ce même consommateur.

C’est donc, à partir de 1999, avec le Festival du cinéma de La Foa avec son (puis ses) concours de courts métrages, et dans une forme compétitive, que la création de films de fiction s’est développée en Nouvelle Calédonie. Le concours « jeunes talents », destiné aux scolaires a aussi encouragé, primaires, collèges et lycées à créer des ateliers vidéo, et la Mission des Affaires Culturelles et Coutumières, et la Province Sud, à former des intervenants vidéo, pour apprendre aux jeunes, à tourner leur propres films.

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Tandis que la DEC (avec notamment Pierre Démurger) et le CTRDP (par le biais de la Télévision Scolaire) prenaient déjà ce chemin depuis les années 1980.

Ainsi, grâce au Festival du cinéma de La Foa, des talents ont fait émergence, mêlant parfois culture plasticienne et vidéo, parfois s’aventurant vers le cinéma de genre, mais toujours dans une bonne humeur et dans une logique de films amateurs.

C’est avec ce parcours amateur, que des vidéastes comme Manuella Ginestre, Vincent Lépine, Olivier Gresse, Fabien Cailleau, David Minguez, Roland Rossero (et j’en passe) se sont professionnalisés, pour plus de qualités pour certains, ou en visant une logique commerciale pour d’autres.

Tournage de "Seules". De gauche à droite : la comédienne Dorothée Chalut, l'assistant-réalisateur Vincent Lépine, et la réalisatrice du film, Manuella Ginestre.

…vers sa diffusion

 Plus le court-métrage local devenait de qualité, plus la diffusion de celui-ci, s’est développée sur Nouméa et le Grand Nouméa, d’abord par le biais d’association, comme celle de Kassiopée et ses Carrefours des Arts de 2005 et 2006, le Cri du Cagou et ses festivals de 2007 et 2008, mais aussi les bars comme le Ninja dès 2005 (avec la soirée SOS Cinéma Calédonien, par exemple), et la galerie d’art, Lec Lec Tic de l’Anse Vata.

Même le Festival des Très Courts au CC du Mont Dore a créé une sélection de très courts métrages locaux en 2008, ainsi que le Festival de Clermont Ferrand depuis quelques années…

En 2009, cette diffusion semble prendre un essor considérable, et la plupart des lieux culturels nouméens semblent demandeurs. 

…sans oublier le Pacifique

 Bien entouré, la Calédonie, je le disais, par le Japon, par exemple, qui produit des longs métrages depuis plus d’un siècle avec des grands noms comme Yasujiro Ozu, Kenji Mizoguchi, Akira Kurosawa, Nagisa Oshima, Shohei Imamura, Takashi Miike aux commandes, en passant par le manga en essor (Hayao Miyazaki et compagnie…).

Takashi Miike

 

La Corée du Sud n’est pas en reste avec d’excellents réalisateurs comme Chan-Wook Park (“Old Boy“) ou encore Joon-ho Bong (“Memories of murder“).

Chan-Wook Park

 

Sans oublier les productions Thaïlandaises, Malaisiennes, Singapouriennes, Indonésiennes (grand producteur de séries z)…

L’Australie moins productive et plus discrète, a aussi engendré des gens comme George Miller (et ses « Mad Max »), Peter Weir, Simon Wincer,ainsi que les nouvelles vagues de réalisateurs Aborigènes dont le digne représentant de leurs interprètes est David Gulpilil

"Mad Max" (1979) de George Miller.

 

La Nouvelle Zélande, peu productive nous a tout de même délégué deux réalisateurs de talents comme Jane Campion (et son cinéma d’auteur qui s’est exporté jusqu’à Hollywood) et surtout Peter Jackson qui fait, aujourd’hui, la fierté des gens du Pacifique. Ses premiers films gores quasi-amateurs (“Bad Taste” et “Brain dead“) sont aujourd’hui, des classiques.

Jane Campion, qui présida le jury du Festival de La Foa en 2003.

 

Une production récente et intelligente de films autours de la culture maori (« L’âme des guerriers », « Paï ») est né depuis peu.

Enfin, le Vanuatu, le moins productif de ces pays, a, tout de même, en son sein, une association très active, le Wan Smolbag Theatre, et qui  a tourné une dizaine de très bons moyens ou longs métrages militants en numérique, qui demandent à être découvert dans nos contrées.

La Polynésie produit peu, mais de grands classiques hollywoodiens ou européens y ont été tourné comme “Tabù” (1931) de l’Allemand Friedrich Wilhelm Murnau et co-réalisé par le documentariste américain Robert Flaherty, ou encore les multiples adaptations des “Révoltés du Bounty” par Charles Chauvel (en 1933, avec Errol Flynn), Frank Lloyd (en 1935, avec Charles Laughton et Clark Gable), Lewis Milestone (en 1961, avec Marlon Brando et Trevor Howard) ou encore par Roger Donaldson (en 1984, avec Mel Gibson et Anthony Hopkins).

"Tabou" réalisé par Murnau et Flaherty.

 

La Vallée”, tourné en 1972 par Barbet Schroeder (avec Bulle Ogier et Jean-Pierre Kalfon) se situe au cœur des paysages et des populations tribales de Papouasie, Nouvelle-Guinée.

Reste, la Nouvelle Calédonie, qui passe difficilement, et sereinement à la fois, le cap du court métrage vers le moyen métrage, avec des équipes de techniciens qui se spécialisent ou arrivent de Métropole pour gonfler les rangs des plateaux et de notre Bureau d’Accueil des Tournages local.

"Action !!"

Ecrit par : Trapard Creteux (963 Posts)

Affreux, Sale et Méchant.


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fois. Thankiou bien !

10 Commentaires

  1. RassKass Rouge dit :

    très intéressant ton article.

  2. Trapard Creteux dit :

    Certaines personnes me disent ne pas pouvoir l’ouvrir.
    Encore une incompatibilité Mozilla / Internet Explorer ?

  3. BoSS U dit :

    C’est toi qui n’arrive pas à mettre les articles en ligne
    Je t’ai montré pourtant comment faire

  4. Trapard Creteux dit :

    J’ai fait, exactement, comme on a dit coco.

  5. BoSS U dit :

    pas pour le début du texte, je t’assure !
    sinon je n’aurais pas passé 20 minutes dessus après toi !

  6. La tortue dit :

    Je dirais même plus .. Très intéressant ton article!

  7. Steph dit :

    Article fort instructif ! Je relève toutefois une petite inexactitude quand tu parles du format Super 8 employé dans les années 30. Cela n’est pas possible, car le format Super 8 a été créé par Kodak en 1965. Il devait s’agir plus probablement de film 8 mm classique (format lancé en 1932). Cordialement.

    • Trapard Creteux dit :

      En effet, merci d’être revenu sur ce point, d’autant que je me suis intéressé dernièrement, beaucoup plus à ces formats et plus précisément aux marques de caméras et leurs différents modèles, avec améliorations par années de mises en ventes. Toute une aventure 😀

  8. A.L.P dit :

    Cette rétrospective du cinéma en Nouvelle-Calédonie est pleine d’informations instructives mais parfois trop survolées sur différentes périodes et différents cinéastes calédoniens comme Paul K. Dupré qui ont marqué leur époques. Mais on apprend des choses. Et il y aurait beaucoup de choses à dire.

  9. Trapard dit :

    J’ajoute une petite parenthèse à cet article, pour ajouter un film oublié :
    Impossible de mettre la main sur le web sur le film “Tengoku ni ichiban chikai shima” que le réalisateur japonais Nobuhiko Ôbayashi a tourné entièrement en Nouvelle-Calédonie en 1984, et qui est sorti au cinéma, à Nouméa, en 1985, sous le titre “L’Île la plus proche du Paradis”. Mais voici le clip chanté par la comédienne principale du film Tomoyo Harada.
    Et en-dessous, le lien imdb du film.

    http://www.youtube.com/watch?v=LKQRQ5YBKCU&list=PLqCEZA3XLrhcfQcRiagUox48WNqzwb-GU

    http://www.imdb.com/title/tt0125549/?ref_=fn_al_tt_1

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