Le Grand Chef Bwarat (1815-1887)

En pleine période d’installation missionnaire en Nouvelle Calédonie, le Grand Chef Bwarat (ou Bouarate) de Hienghène, créa une armée de guerriers qui attaquèrent et massacrèrent un groupe de kanaks convertis au christianisme en 1857.

Bwarat fut alors emprisonné à Tahiti par l’administration française.

Rouger Boulay, auteur de Kannibals et Vahinés (2000, aux éditions de l’aube), répertorie dans son livre les grandes légendes urbaines qui ont cristallisé, en métropole et en Nouvelle Calédonie, un imaginaire d’angoisse autours d’un massacre dû à un grand guerrier kanak, en particulier dans la littérature d’époque.

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Extrait de Souvenirs de la Nouvelle Calédonie (La Hautière, 1869) : “Sorte de héros civilisateur inversé, Bouarate aurait possédé le premier fusil, le premier cheval et avait des serviteurs blancs ; mais sa case est “ornée de trophées humains”. On dit que “son amour de la chair humaine était proverbiale”.

Les Robinsons français ou la Nouvelle Calédonie (Morlent, 1867) : Alors que des enfants naufragés arrivent dans la tribu de Bouarate : “On nous conduisit à la grande hutte qu’il habitait. […] Cette case ressemblait à un charnier. De tous côtés, on ne voyait que débris d’ossements, dont quelques-uns auxquels étaient encore attachés des nerfs et des parties charnues, exhalaient une puanteur insupportable […]; le chef (Bouarate) était debout […] : leur a-t-on donné à manger ? Je ne veux pas qu’ils maigrissent ! Ce fut dit en nous lançant un regard de convoitise qui me fit trembler.”

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Martyrs des archipels (Révérend Père J. Thérol, 1948) : Description d’une scène d’anthropophagie chez Bouarate : “Les groupes se réunirent, cent griffes sur la même proie, horde de fauves à la curée […], à toutes les gueules, à tous les crocs déchirant d’énormes morceaux de poitrines, de bras et de jambes, les feux burinèrent des reflets sinistres”.

De retour à Hienghène, le Grand Chef Bwarat retrouva sa chefferie et aida l’administration française dans le maintient de l’ordre.

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(dessin : Bwarat entourés de chefs kanaks)

Ecrit par : Trapard Creteux (950 Posts)

Affreux, Sale et Méchant.


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fois. Thankiou bien !

8 Commentaires

  1. Kanaky dit :

    J’ai trouvé ca trés intéressant car je suis la petite fille du grand chef Joseph Bouarat actuel grand -chef

    • Bert dit :

      Bonjour à vous . J’ai connu votre grand-père en 1968 à St Genis-Laval près de Lyon, j’aimerais beaucoup avoir de ses nouvelles .

  2. Trapard Creteux dit :

    Merci pour tes compliments.
    Bonne soirée à toi.

  3. SGH dit :

    Est-ce que vous auriez des informations concernant la rencontre entre le chef Bouarate et Mary Wallis (femme d’un commerçant/capitaine qui s’appelait Benjamin Wallis) entre 1851 et 1853? Merci.

  4. Trapard Creteux dit :

    @SGH – Peut-être les Archives Territoriales à Nouville pourront mieux vous renseigner sur cette partie précise ?

  5. SGH dit :

    Je vous remercie!

  6. Trapard Creteux dit :

    Avec plaisir.

  7. Trapard Creteux dit :

    Mon article date d’octobre 2008. Mes sources étaient peut-être erronées puisque l’auteur de la page wikipedia dédiée au Grand Chef Bwarat indique qu’il est décédé en 1875 (et non pas en 1887 comme je l’ai indiqué).
    Pas grave, l’actualisation des données sur internet sert avant tout à trier les bonnes des mauvaises informations historiques.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouarate

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