Le Slam de l’esclavagiste moderne

goodbye_uncle_tom.jpg

.

Ce soir avait lieu sur la terrasse de la province sud, des lectures de textes, des danses et du slam sur le thème de l’abolition de l’esclavage ainsi qu’un hommage à Aimé Césaire sous la houlette de Richard Digoué.

Denis Pourawa m’a convié a posé un slam pour l’occasion.

Je poste ici le texte du slam car quelques invités m’ont demandés de pouvoir le relire:

Dieu a, dit-on, fait l’homme à son image et comme il est tout et rien, omniscient et omnipotent, il a fait des hommes, des femmes, des noirs, des blancs, des rouges et des kamadjas, et comme il est farceur, il a fait des juifs et des protestants, des croyants ou pas, des birmans et des chinois.

Depuis la nuit des temps, les hommes on peur de leurs voisins, les pensant inférieurs, bêtes et méchants. Profitant de la moindre occasion pour les enlever, les asservir pour se faire servir. Les acheter, les revendre, s’échanger cette main d’œuvre idyllique, d’ouvriers payés au fouet qui récoltent sans révolte, le sucre, le cacao, le tabac, l’or et le coton qui feront la joie des enfants de colons.

Depuis la nuit des temps l’homme se vend.

Dans mon cœur sont ceux qui pierre par pierre ont bâti les pyramides, ceux qui prenant nos enfants par la main les amènent à l’étude, véritables « pédagogues » de la Grèce antique, ceux qui, vendus par leurs frères d’Afrique feront la richesse de l’Amérique, ceux qui entassés sur les galères ne connaîtront que les fers, la misère et une mort en pleine mer, ceux qui de tout temps, parce qu’ils sont différents seront, pieds et poings liés condamnés aux travaux forcés, prisonniers sans passeport, au fond d’un port ou d’une ambassade ayant pignon sur rue de nos avenues Européennes.

De nos jours, rien ne va plus.

On fête l’abolition de l’esclavage, on nous berne, hypocrisie des temps moderne, qui doit faire rire jaune les 250 millions d’êtres humains encore contraints. Ces adorables adolescentes abusées, désabusées qui rêvaient de nos libertés et qui n’en connaissent que nos pavés. La justice muette est devenue l’honnête proxénète de toutes ses fillettes.

De nos jours, nous sommes tous les esclavagistes d’un esclavage sans racisme, nos cages sont d’ordre économique, nos fouets sont nommés fric, nos îles de Gorée sont au Mexique ou dans le Golf Persique.

Car l’abolition de l’esclavage, n’est qu’un mot, qu’un leurre. Ils sont nombreux encore à faire leur beurre sur le dos des hommes, des femmes et des enfants qui fabriquent nos vêtements, nos chaussures et notre technologie, pour nous laisser le temps de travailler moins pour consommer plus.

De nos jours, Acheter est devenu synonyme d’enchainer.

Dans mon cœur, il y a la ville ou je suis né, Nantes, plaque tournante de la traite des nègres. Je reste aigre face aux beaux bâtiments construit par le sang d’hommes innocents, opprimés et vendus, parqués et vaincus .

Dans mon cœur, je ne comprend plus vraiment les raisons, je reste les yeux ouverts mais ne vois pas de solutions, pour qu’un jour enfin, sur cette terre les hommes réalisent qu’ils sont tous frères.

La RassKass Rouge

Ecrit par : RassKass Rouge (33 Posts)


Nombre de vues :

686

fois. Thankiou bien !

3 Commentaires

  1. k-madja dit :

    et si le public n’avait pas été attiré par l’odeur du buffet bêtement étalé à côté pendant le spectacle, il aurait pu entendre d’autres très beaux textes ! Bravo aux slameurs et autres artistes présents ce soir, Paul Wamo, Denis Pourawa et les autres… ça mériterait presque une petite publication autant de beaux textes…

  2. BoSS U dit :

    très bon texte
    Big up mon frère

  3. Paivana dit :

    Merci Rasskass, ca fait bien plaisir: je vois que tu n’as pas perdu le flow!!!! Ca balance et claque: de la baballe! Big uuuuuup