la lumière du soleil sur nos origines

L’Agence de Développement de la Culture Kanak (ADCK) a été créée à la fin des années 80 avec le double intérêt de développer mais aussi de sauvegarder la culture kanak. Ainsi naquirent le Centre Culturel Tjibaou, le rythme Kaneka (en musique) puis de multiples créations dans le domaine théâtral, de l’écriture, de la vidéo…

 

Parallèlement à un certain développement culturel, certaines langues (orales donc) sont en train de mourir.

C’est le cas du nràa drùbea, la langue de Nouméa qui se parlait aussi à Païta, qui se voit perdre, au fil du temps, de plus en plus de locuteurs.

 

C’est ainsi qu’Yvonne Païta (1911-1991), originaire de la tribu de Bangou a entrepris avant son décés un travail de sauvegarde et de reconquête de sa langue avec un linguiste japonais.

 

Aujourd’hui, seule la jeune association Bècaa-jiii küü yë (« la lumière du soleil sur nos origines) poursuit l’œuvre de Mme Païta et, seules quelques femmes encore, parlent le nràa drùbea.

 

Le Dock socio-culturel de Païta a permis, l’an passé, à cette association de s’exprimer lors d’une journée réservée au Patrimoine culturel, ce qui ne n’empèchera peut-être pas cette langue de sombrer dans les méandres de l’oubli.

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AvatarEcrit par : Trapard Creteux (970 Posts)

Affreux, Sale et Méchant.


One Comment

  1. Dans le mythe de Kawipaa, celui par qui tout les clans de la région de Kouaoua se reconnaît, il y’a aussi l’origine du pays kanak entier. Téa kanaké raconte le processus créateur, kawipaa arbore la multiplication et voyage de l’homme depuis son tertre originel, c’est l’objet d’une étude archéologique et ethnologique qui s’est engagé à étayer cette thèse toute droite issue du mythe. DRUBEA KAPÔNE signifie dans le mythe de kawipaa, « le corps d’une langue qui a beaucoup de nom », en effet la mythologie raconte qu’un jour après s’être multipliés, les gens de la région de Kouaoua de nos jours sont partis conquérir de nouveaux horizons. Du tertre originel Ils sont allés vers le nord, le sud, l’ouest et l’est. Arrivés dans le sud ils se sont retournés pour regard au loin la chefferie de Méa.

    Perdre une langue, c’est culturellement un grand dommage, mais perdre le sens des mots l’est plus encore. Qu’elle est la différence entre ne plus parler une langue et ne plus comprendre le poids des mots d’une langue ? La puissance intérieure que l’on donne aux mots que l’on prononce donne vie à l’inanimé et bien sur que techniquement c’est le résultat d’un long processus intellectuel, mais l’acte même de projection vitalisant dont nous sommes capables est encore bien plus puissant et toujours ancré en chaque mélanésien.

    On ne peut aller contre l’effet, irréversible de la fin d’une langue, à cause d’une diminution du nombre de locuteur et je pense que l’ADCK fait beaucoup en ce sens avec les collecteurs mis en place il y’a quelque temps. Et cela doit encourager la mise en place de ce genre d’association comme le votre, car prendre conscience de la langue et de son importance, donne lieu forcément à la recherche du sens profond de la vie et de ses multiples projections, ce qui est encore bien plus important.

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